Après Merah, le doux poison de la lâcheté

Moins de 10 jours après les tueries de Montauban et de Toulouse (11,15,19 mars), des voix s’élèvent déjà pour trouver des raisons, des explications et quasiment des justifications aux gestes du tueur fou. Et au lieu de se contenter de s’indigner, d’appeler un chat un chat et un pervers un pervers, de bons esprits contournent la réalité dans des discours alambiqués pour trouver des responsabilités partout, sauf dans la tête du tueur.

“Le terreau qui produit ce criminel est alimenté par les politiques qui stigmatisent certaines communautés, ce qui donne du crédit au fanatisme religieux” déclare l’écologiste Cécile Duflot; “C’est un gamin qui a dérivé” disent d’autres; “Il avait une gueule d’ange” dit son avocat; “Les hommes du RAID auraient pu l’endormir comme un bébé au lieu de le tuer” déclare d’Algérie, son père (qui abandonna ses 5 enfants et fut incarcéré 4 ans pour trafic de stupéfiants) et qui veut porter plainte contre la France.

Comment comprendre cette tentation de l’indulgence que l’on sent monter et qui avance masquée comme souvent la lâcheté ? La haine n’existerait-elle donc pas ou serait-elle justifiée dans certains cas ?

Certains psys et certains thérapeutes nous avaient déjà habitués à des positions absurdes et contre-nature de ce genre, en nous expliquant qu’il fallait toujours distinguer ce que l’on est et ce que l’on fait. Ainsi quelqu’un qui assassine ne serait pas forcément un assassin et quelqu’un qui viole ne serait pas forcément un violeur. Allez donc comprendre ce qu’ils veulent dire ! Et allez expliquer cela à vos enfants, à vos élèves ! Un tel langage n’est-il pas aussi dangereux qu’une drogue dure ?

Mais les racines de ces explications folles et dangereuses sont aussi à rechercher du coté des philosophes de la Révolution. Et d’abord de Rousseau. Rousseau qui abandonna ses propres enfants pour écrire un traité sur l’éducation. Rousseau pour qui la nature est bonne, l’homme naît bon, mais c’est la société qui le pervertit et le rend mauvais.

C’est donc la société (et le RSA) qui a fait de Merah une petite frappe et un multirécidiviste, c’est la prison (après 18 condamnations) qui l’a fait basculer dans la frustration. Ce sont les discours de certains hommes politiques français qui l’ont conduit au Pakistan pour s’entraîner à la guerre sainte et c’est le besoin d’une revanche bien compréhensible qui l’a emmené à tuer sept personnes à bout portant et en les filmant.

Remercions tous les bons esprits qui justifient et encouragent l’injustifiable, pour ne pas avoir le courage de regarder l’horreur en face et qui préfèrent le doux poison de la lâcheté. À quand le prochain “gamin Merah” espiègle et un peu taquin et qui sera le prochain jeune militaire et la prochaine fillette tuée d’une balle en pleine tête en ayant eu la chance d’être filmée avant ? “Mauvaise herbe pousse toujours” disait Erasme…

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