Pour la majorité des Français, le temps passé assis est trop élevé : en moyenne sept heures par jour, selon des travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ; Plus préoccupant, ce temps dépasse huit heures par jour pour 38 % des adultes. En cause, principalement, le temps d’écran. C’est « l’addiction à la chaise »
Face à ce constat, l’Anses a publié de nouvelles recommandations appelant à marcher trois à cinq minutes toutes les trente minutes. Bien plus strictes que les précédentes préconisations, qui conseillaient, en 2016, d’interrompre les périodes prolongées en position assise ou allongée, au moins toutes les quatre-vingt-dix à cent vingt minutes. Santé publique France (SPF) avait alors lancé une campagne : Ne restez pas assis trop longtemps, prenez le temps de marcher un peu toutes les deux heures.
Cette mise à jour, demandée par la direction générale de la santé, s’appuie sur 76 études scientifiques publiées entre 2016 et avril 2025. Elle vise à lutter contre les effets néfastes de la sédentarité, désormais considérée distinctement de l’inactivité physique et définie par un temps d’activité inférieur aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les effets négatifs sur la santé de la sédentarité (temps passé devant un écran, assis sur son lieu de travail, à l’école, dans les transports…) sont bien connus, notamment les risques de diabète de type 2, d’obésité, de certaines maladies respiratoires, cardio-vasculaires ou ostéo-articulaires et de certains cancers, rappelle l’Anses. La littérature montre qu’à partir de huit heures assis, les risques augmentent de 12 % pour la mortalité générale.
Chaque année, plus de 3 millions de morts sont attribuables à l’inactivité dans le monde, alerte l’OMS. En France, 95 % de la population est exposée à un risque de détérioration de la santé par manque d’activité physique ou à cause d’une trop longue période passée assis.
Dès avril 2020, préoccupée par les conséquences néfastes du confinement lié à l’épidémie de Covid-19 sur l’activité physique, l’agence sanitaire avait publié un avis appelant à la nécessité de se lever toutes les trente minutes, au minimum, en marchant quelques mètres pendant trois à cinq minutes. Les nouvelles recommandations confirment cet avis, avec une base scientifique.
Les ruptures de sédentarité vont diminuer les effets négatifs sur la santé. Dans ce nouvel avis, il a par exemple été montré que, chez l’adulte, marcher cinq minutes toutes les trente minutes, même à intensité faible à modérée (de 3 km/h à 6 km/h), améliore les paramètres métaboliques postprandiaux, notamment une réduction de la glycémie ou de l’insulinémie.
Un constat qui rejoint les conseils de grand-mère sur les bienfaits de la marche digestive après le repas. Chez l’adulte comme chez l’enfant, la marche, quelle qu’en soit l’intensité, réalisée pendant trois à cinq minutes toutes les demi-heures ou toutes les heures, comparée à une position assise ininterrompue, a un effet positif sur l’attention et le temps de réaction, tout en agissant favorablement sur l’humeur et la sensation de fatigue.
Mais comment passer de la théorie à la pratique ? Pour les enfants et les adolescents, d’abord, modifier l’environnement physique et temporel à l’école pourrait permettre de les faire bouger davantage, et en étant plus près de leurs besoins. Pour les adultes, il est conseillé de se lever autant que possible, par exemple de marcher en téléphonant, de prendre l’escalier plutôt que l’ascenseur, etc.
Outre la prévention des maladies chroniques, le mouvement, donc le fait de rompre la sédentarité, apporte du bien-être physique et psychologique de façon immédiate, réduit la fatigue et améliore de fait les conditions de travail.
