L’oiseau du qi gong

Voici un exercice traditionnel chinois qui, sous son apparente simplicité, sait nous recentrer et réveiller nos énergies avec une subtile efficacité : “L’oiseau déploie ses ailes” un classique du tai-chi et du qi gong (prononcez tchikongue) pour stimuler les poumons.

Se mettre debout, les bras ballants en veillant à ce que les pieds soient parallèles et bien posés à terre, dans l’écartement qui semble le plus stable pour tenir ainsi un petit moment.

Immobile, les genoux légèrement pliés, les yeux mi-clos, en laissant la respiration aller à elle-même, prendre conscience des sensations qu’envoie le corps, avec l’idée de l’habiter pleinement (ce que l’on appelle la pleine conscience) ; Puis ouvrir les yeux et prendre une grande inspiration, tout en soulevant les bras sur les côtés, jusqu’à ce que les paumes arrivent à hauteur des oreilles, si possible tournées vers le ciel, sans forcer.

Rester trois secondes immobile dans cette position, comme un oiseau aux ailes déployées et offertes au firmament, sans crispation des mains ni des épaules. Puis rabaisser les bras sur les côtés, paumes vers le sol, en expirant lentement. Faire ce geste plusieurs fois de suite. À l’inspir, on lève les ailes. À l’expir, on les rabaisse.

Au début, c’est simple et agréable de faire ces mouvements rythmés par notre respiration. Mais on s’aperçoit vite que le mental veut absolument se joindre à la partie et qu’il cherche à occuper tout notre champ de conscience. Dès qu’il y parvient, le mouvement d’ailes a tendance à devenir automatique et à s’accélérer. Il s’agit alors de réintégrer son corps, en ralentissant progressivement le mouvement des bras, et donc aussi le flux de l’inspiration à la montée et de l’expiration à la descente.

À ce stade, on peut à nouveau fermer les yeux et vraiment écouter le va-et-vient du souffle qui, non seulement doit s’avérer de plus en plus lent, mais aussi le moins dépendant possible de tout effort ou tension musculaire. À un moment donné, les bras se lèvent et s’abaissent tout seuls et vous voilà comme un oiseau, libre dans le ciel.

Pour les maîtres de tai-chi et de qi gong, c’est un remarquable exercice pour écouter et réveiller en soi le flux de l’énergie, qui s’appelle justement chi en chinois et qi en japonais.

 D’après Marc de Smedt, dans CLES (juin 2011)
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