La conversation est un art

Un “art” est issu d’une habileté, d’un savoir-faire, d’un procédé, d’un talent particulier.
Il produit une œuvre unique qui selon les sensibilités va surprendre, mettre en délectation, étonner, ravir…

“J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux-Arts” disait Stendhal en 1817, pris de vertige devant les fresques de la chapelle Niccolini à Florence.

On dit que la conversation est un art, un art du récit, parce qu’une conversation réussie va surprendre, mettre en joie, ravir, comme le ferait une bonne pièce de théâtre.
Mais la conversation est aussi un art de la juste mesure, car une bonne conversation vient toujours, comme dans la bonne cuisine, d’un bon dosage et d’un bon équilibre.

Il faut des compliments mais pas trop, il faut des questions mais pas trop, il faut des échanges mais pas trop, il faut de la légèreté mais pas trop.

Des traits d’esprit, oui mais pas trop,
De l’humour, oui mais pas trop,
Des anecdotes, oui mais pas trop…

Cela demande une vraie sensibilité, une vraie habileté et une vraie maîtrise.

Voilà pourquoi la conversation est un art. Mais un art de tous les jours.

Comme une manière de vivre au quotidien qui illumine et ensoleille nos rapports, et qui devrait être encouragée dès l’enfance.

Car le “vivre-ensemble” ne commence-t-il pas par la conversation ?

cf. Henry Ranchon, Abécédaire décontracté de la conversation.
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Le chat : Un petit félin aux grandes nuisances écologiques

Lyon, ses traboules, sa Fête des lumières, son Musée des Confluences… et ses 60.000 chats errants. Le 1er février, la métropole a annoncé le lancement d’une vaste campagne de stérilisation des félins en liberté. Leur prolifération insupporte une partie des administrés, mais surtout a un impact catastrophique sur la biodiversité. Un couple de chats peut engendrer 20.000 individus en quatre ans. D’autres villes ont dû prendre des mesures analogues, comme Lorient, les îles de Bréhat, Molène, Ouessant et Sein.

Mathieu Rebeaud est biologiste à Lausanne. Si le Suisse de 37 ans adore ses deux chats, il reconnaît que l’espèce pose d’autres problèmes que laminer les plantes ou les canapés. “C’est un fléau écologique, on les a trop fait croître. Il faut les stériliser et les empêcher de sortir, car ce sont des super prédateurs” ; Les chiffres donnent en effet le vertige.

On estime ainsi que les seuls chats errants à travers le monde sont responsables, sur les cinq cents dernières années, de la disparition de 63 espèces de mammifères, de reptiles et d’oiseaux. Les chats domestiques, eux (environ 600 millions dans le monde), tuent entre 1,4 et 3,7 milliards d’oiseaux par an et entre 6,9 et 20,7 milliards de petits mammifères rien qu’aux Etats-Unis. En France, le nombre de passereaux dans les campagnes a diminué d’un tiers, et une étude de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), en 2016, a montré que les chats étaient responsables à 25 % de cette mortalité.

En passant près de douze heures par jour à la recherche de ses proies, un chat errant ferait 1.000 victimes par an, contre 30 pour un matou domestique. “Quand nous avons abordé la question du chat et de son impact sur la biodiversité sur notre site, nous avons été, en quarante-huit heures, débordés par les réactions totalement irrationnelles et pour beaucoup incroyablement virulentes” raconte Julien Hoffmann, naturaliste et rédacteur en chef du site Défi écologique. Il y a un vrai clivage sur ce sujet.

L’Australie, elle, a dû prendre des mesures draconiennes et lancer une vaste opération d’extermination de 2 millions de chats errants en 2019, en utilisant des saucisses empoisonnées. En moyenne, chaque félin y tuerait 186 animaux par an, dévastant les espèces les plus fragiles. “Dans ce pays, relate Julien Hoffmann, la principale association de défense des animaux et de lutte contre la cruauté animale euthanasie elle-même plusieurs dizaines de milliers de chats et milite pour l’obligation légale de garder les chats en intérieur 24 heures sur 24 en plus de leur stérilisation”

A Canberra, tenir son chat en laisse est obligatoire, sous peine d’une amende de 300 dollars australiens (194 euros). Pour l’instant, c’est tabou en France. En Suisse, en Belgique, aux Etats-Unis, c’est une évidence qu’il ne faut pas laisser sortir les chats domestiques, soutient Eric Baratay, spécialiste de l’histoire des relations hommes-animaux. Les vétérinaires américains l’ont préconisé dès les années 2000 ; alors que, au même moment, les vétérinaires français assuraient que c’était mauvais pour eux, car cela contrariait leur instinct.

L’empreinte carbone du matou est par ailleurs considérable. Une étude publiée dans la revue scientifique PLOS One, en 2017, estime que tous les ans, rien qu’aux Etats-Unis, l’alimentation des chiens et des chats – estimés à 163 millions dans le pays – produit jusqu’à 64 millions de tonnes de dioxyde de carbone, soit l’équivalent du CO₂ émis par 13,6 millions de voitures pendant un an.

À eux seuls, les chats en France consommeraient annuellement plus de 200.000 tonnes de viande. Tous les végans et végétariens réunis (1,6 million) ne suffisent pas à économiser la viande que les chats consomment. Il est pas mignon mon gentil matou ?

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L’optimisme, l’humour et le rire sont des médicaments

La revue américaine Plos vient de publier une étude au titre éloquent : “Le rire comme médicament” ; Ce travail traite des bénéfices du rire sur la santé. “Dans notre analyse, nous montrons que le rire induit une baisse du niveau de cortisol, l’hormone du stress. Il est donc probable qu’il améliore la santé”

La sécrétion prolongée de cortisol a des implications négatives pour les maladies physiques et psychologiques, notamment l’obésité, la dépression et la douleur chronique. En faisant baisser mécaniquement le taux de cortisol, le rire révèle toutes ses vertus. Des études ont montré qu’il peut augmenter la tolérance à la douleur et avoir un impact positif sur le bien-être général dans divers contextes médicaux tels que l’oncologie, la psychiatrie et la rééducation.

Cet effet sur la douleur, le Pr Loïc de Pontual, responsable de la pédiatrie à l’hôpital de Bondy, l’observe régulièrement : Quand les clowns sont là pour accompagner un geste douloureux, on diminue par deux ou par quatre les doses d’antalgiques. Et quand ils ne sont pas là, ce sont les équipes qui s’inspirent de leur approche. On peut voir des soignants se mettre un nez rouge et utiliser leurs petites astuces pour faire les soins dans de meilleures conditions.

Si le rire est bon pour la tête, il l’est aussi pour le cœur et plus généralement pour la santé cardio-vasculaire. Les chercheurs expliquent par exemple, que le simple fait de regarder un film comique améliore le fonctionnement de nos artères.

La comédie agit sur la compliance vasculaire, c’est-à-dire l’élasticité des vaisseaux, leur capacité à se dilater et à se contracter. Une propriété essentielle pour bien réguler le flux sanguin. Quitte à ne rien faire devant la télé, mieux vaut donc opter pour une comédie plutôt que pour un film d’action. En plus, les effets bénéfiques de l’humour sur nos artères peuvent durer jusqu’à vingt-quatre heures.

L’optimisme lié au rire, permet de gagner des années de vie. Les scientifiques ont en effet observé que les personnes les plus optimistes avaient une vie de 15 % plus longue que les moins optimistes. Ces bienheureux avaient d’ailleurs 1,7 fois plus de chances d’atteindre une longévité exceptionnelle, c’est-à-dire 85 ans et au-delà.

Et ce, indépendamment de différents facteurs comme le statut socio-économique, l’état de santé, l’intégration sociale et les comportements liés à la santé (tabagisme, alimentation et consommation d’alcool). Cultiver l’optimisme serait donc un moyen efficace de vivre mieux et plus longtemps.

Selon les scientifiques, les explications sont de plusieurs natures. L’optimisme pourrait notamment encourager les comportements et les habitudes favorables à la santé. Ils suggèrent aussi que les individus les plus enjoués peuvent éprouver une réactivité émotionnelle moins extrême et une récupération plus rapide des facteurs de stress aigu. En d’autres termes, ils régulent mieux leurs émotions en cas de stress.

Les chercheurs estiment que les personnes optimistes ont globalement une meilleure condition biologique, notamment sur les plans cardio-vasculaire, immunitaire et pulmonaire. Faire des calembours et des blagues est donc bon pour la santé.

Olivier Hertel, Le Point, août 2023
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Lire, écrire, compter et… méditer

meditation-ecole-460x180-300x117La tête posée sur leurs bras croisés sur le bureau, à côté des livres de maths, des élèves de CM2 d’une école de Vancouver apprennent à respirer.

Ou plutôt à s’écouter respirer, en silence ou, comme ce matin, sur l’Ave Maria chanté par Andréa Bocelli.

L’exercice de relaxation est tiré du programme éducatif MindUp, pratiqué par plus d’un millier d’enseignants de la ville de l’Ouest canadien. Appliquée depuis près de dix ans dans les écoles de Vancouver, cette pratique pédagogique s’inspire de la très tendance technique de pleine conscience (mindfulness), qui aide à combattre le stress ou la dépression en se recentrant sur son corps et sur l’instant présent.

MindUp y ajoute des leçons d’empathie, de contrôle des émotions ou encore d’optimisme. Un cocktail de positivité appelé «apprentissages émotionnels et sociaux», qui a pour but d’améliorer le bien-être des élèves et leur réussite scolaire.

Cette méthode vient d’acquérir ses lettres de noblesse avec la publication, fin janvier, d’une étude scientifique reconnaissant ses bienfaits. Pendant quatre mois, des chercheurs ont comparé les résultats de deux échantillons d’élèves, l’un suivant ce programme et l’autre non.

La conclusion est sans appel : avec ces exercices, les incivilités en classe diminuent, la sensation de bien-être des écoliers va croissant tout comme leurs résultats en maths.

Aujourd’hui, certains déclics dans l’apprentissage ont lieu beaucoup plus tôt dans l’année. Soit les techniques de relaxation permettent de mieux se concentrer, soit c’est la bonne ambiance dans la classe qui crée un meilleur climat d’apprentissage. Car lorsque les enfants arrivent le matin, ils ne sont pas en mode école. Ils ont encore la tête dans leurs écrans, leurs jeux vidéo, impossible pour eux de se concentrer.

Et cela a aussi un effet d’égalisateur social. Les enfants issus de milieux favorisés ont tendance à être déjà calmes, mais pas ceux des familles en difficulté, qui arrivent à l’école imprégnés du stress de la maison.

Auparavant, les recruteurs recherchaient des têtes bien pleines; aujourd’hui, ils veulent aussi des compétences humaines de contrôle de soi et de travail en équipe, deux notions clés du vivre-ensemble.

D’après Manon Rescan, Le Monde Magazine, mars 2015.
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Sept secrets pour mieux se nourrir

1. Mangez conscient :
L’une des causes de nombreux symptômes tels que la fatigue après le repas, le reflux gastrique et la prise de poids est en lien avec une prise alimentaire automatique, déconnectée des signaux de faim et de satiété. Pour retrouver vos sensations, nous vous conseillons de regarder ce que vous mangez et de ne pas prendre de repas devant un écran (téléphone, tablette, télévision). Mangez assis ou debout en position statique. Cela vous aidera à réduire naturellement la quantité des apports et à diversifier votre alimentation. Vous retrouverez de manière intuitive une appétence pour les aliments et les nutriments dont votre corps a besoin.

2. Ayez toujours un “pack de survie” :
L’une des difficultés, c’est de s’alimenter aux moments où le corps en a besoin. La conséquence, c’est le grignotage, la fringale et la prise alimentaire excessive lors du repas suivant. Pour éviter cela, ayez avec vous dès le matin une boîte contenant : 30 grammes d’amandes, ou d’autres noix non salées (soit une trentaine d’amandes), un fruit de saison et un laitage protéiné de type SKYR. Vous les mangerez si vous n’avez pas eu le temps de déjeuner, si vous avez faim en fin d’après-midi ou encore si vous avez envie de faire une pause en prenant un en-cas. Vous constaterez très vite que ce pack de survie améliore votre confort de vie.

3. Ajoutez un peu de salade verte :
Cela permet d’augmenter le volume de la prise alimentaire tout en apportant des nutriments, de l’eau et des fibres. Il existe tellement de variétés de salades que vous en trouverez forcément quelques-unes à votre goût.

4. Mangez des légumineuses trois fois par semaine :
Les lentilles, pois chiches et autres haricots rouges sont une mine d’or nutritionnelle. Ils apportent des glucides de bonne qualité, car ces derniers sont intégrés à des fibres et à des protéines, ce qui limite considérablement l’élévation du taux de glucose dans le sang.

5. Saupoudrez vos plats :
Pour apporter vitamines et minéraux, ajoutez à vos plats des produits végétaux tels que le son d’avoine, le germe de blé, les graines de courge, la levure maltée ou encore le psyllium (en particulier si vous avez une tendance à la constipation).

6. Préparez des carafes de thé froid :
Plutôt que des boissons sucrées ou aromatisées, optez pour le thé. Il possède des vertus qui ne sont plus à démontrer. La consommation de thé est en effet associée à une réduction des risques de maladie cardio-vasculaire et de cancer. Le seul inconvénient majeur est que, au-delà d’une certaine quantité, il peut freiner l’absorption du fer par l’intestin. Je vous recommande de préparer à l’avance des carafes de thé que vous garderez au frais. Jusqu’à trois verres par jour, cela devrait vous être agréable et bénéfique.

7. Ayez toujours des légumes surgelés au congélateur :
Même conservés au réfrigérateur, les légumes perdent assez vite une part importante de leurs vitamines. Les surgelés sont refroidis très vite après la cueillette et gardent ainsi toutes leurs vitamines. Ils sont donc préférables à des légumes gardés plusieurs semaines après l’achat.

Boris Hansel, nutritionniste à l’hôpital Bichat, LE POINT juin 2023
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