La conversation : Chef d’œuvre en péril !

Dans un monde de l’hyperconnexion, la conversation qui demande écoute et attention à l’autre, devient de plus en plus rare. Elle est souvent rompue par des interlocuteurs toujours là physiquement, mais qui disparaissent soudain après l’audition d’une sonnerie de leur portable ou dans le geste addictif de retirer ce dernier de leur poche dans la quête d’un message qui rend secondaire la présence de l’autre.

Ils regardent ailleurs et quittent l’interaction, abandonnant là leur interlocuteur qui reste les bras ballants, en se demandant que faire de ce temps d’effacement de la présence, ce moment pénible où on l’a éteint en appuyant sur la touche “pause” de l’existence. L’autre devant soi a moins d’importance que les autres virtuels, susceptibles de téléphoner ou d’envoyer un message.

Même le repas de famille, autrefois haut lieu de transmission et de retrouvailles, tend à disparaître. Chacun arrive à son heure et va chercher à la cuisine les plats achetés tout prêts au supermarché avant de s’abandonner à son écran personnel. Dans nombre de familles, le repas est une assemblée cordiale de zombies qui mangent d’une bouche distraite, peu attentifs au goût des aliments, dans l’indifférence à la proximité des autres, tous absorbés par leur cellulaire ou leurs écrans divers.

On comprend le succès des fast-foods en ce que leur tâche n’est pas de satisfaire le goût, mais de manger en toute indifférence, puisque ce sont d’abord les yeux qui se nourrissent de l’écran. Les restaurants renvoient la même image d’hommes ou de femmes qui, après de brèves minutes de congratulations mutuelles, disparaissent rapidement derrière leurs portables. Ils sont autour de la même table, mais seuls, les yeux captifs de leur écran, dans l’oubli de ce qu’ils mangent et du fait qu’ils sont censés être entre amis ou entre collègues.

La communication est dans l’impatience, la vitesse, le réflexe et non la réflexivité. Elle juxtapose les acteurs et elle ressemble le plus souvent au transfert de communiqués. A l’inverse, la conversation sollicite une disponibilité, une attention à l’autre, un échange, une flânerie, une intériorité, la valeur du silence et du visage, l’incertitude du cheminement.

Nous entrons dans une société fantomatique où, même dans les rues, les yeux sont baissés sur l’écran dans un geste d’adoration perpétuelle, et non plus ouverts sur le monde environnant. La plupart de nos contemporains sont aujourd’hui presque en permanence prosternés devant leur portable qui les pousse en avant ou les maintient dans une sorte d’hypnose sans fin qui les coupe de leur environnement immédiat. Ils parlent seuls, commentant souvent leurs faits et gestes. Ce qu’ils disent importe finalement peu.

Le portable est devenu partout autour de nous un cinquième membre, encore plus ou moins détachable avant qu’il ne soit greffé à une main ou à une oreille. On n’a jamais autant communiqué, mais jamais aussi peu parlé ensemble. Ce recours hypnotique au portable ajoute à l’hyperindividualisation de nos sociétés, il renforce l’indifférence aux autres autour de soi que l’on heurte parfois sur le trottoir tant l’attention est captive de l’écran.

Chacun désormais tend à faire un monde à lui tout seul. La réciprocité du visage-à-visage dans l’échange devient une exception. Nous sommes de moins en moins ensemble et de plus en plus les uns à côté des autres, dans l’indifférence ou la rivalité. Plus l’on communique et moins l’on se rencontre, plus l’autre vivant devant soi devient superflu.

Avant les gens se parlaient à la table familiale, au travail lors des pauses, au restaurant, dans les cafés, les transports en commun, sur le chemin du travail ou du domicile. Aujourd’hui, le téléphone en main, chacun, autour de la table ou en marchant avec les autres, consulte ses mails ou envoie un SMS, en distribuant les miettes de quelques mots de temps en temps. La connexion prend le pas sur la conversation.

Prenons l’engagement de sauver la conversation, qui ensoleille nos rapports au quotidien, facilite nos rencontres et rend vos vies plus intéressantes !

D’après D.Le Breton, Le Monde janvier 2023.
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Bannir la chasse le dimanche

C’est le premier accident de chasse mortel de 2023. Un chasseur de 84 ans qui rangeait son arme dans sa voiture s’est tué, samedi 7 janvier, à Prunelli-di-Fiumorbo (Haute-Corse). Le même jour, au Mériot, dans l’Aube, un jeune homme a été grièvement blessé à la jambe lors d’une partie de chasse et un homme de 67 ans, le président de l’association de chasse locale, a été blessé au visage, à la main et à la cuisse lors d’un accident de chasse en forêt de Raze, en Haute-Saône. Sur la période 2021-2022, l’Office français de la biodiversité a recensé 90 accidents de chasse, dont huit mortels – deux concernant des non-chasseurs. En comparaison, en 2001-2002, on comptait 167 accidents et 31 décès.

Quelques heures avant l’hypothétique interdiction de la chasse le dimanche, l’incertitude demeure. Après avoir tergiversé sur l’opportunité d’un dimanche après-midi non chassé, voire d’un jour en semaine, l’exécutif semble toujours hésiter à prendre cette décision. S’il ne le faisait pas, cela témoignerait d’un mépris inqualifiable à l’égard des 78 % de Français réclamant un dimanche sans chasse. Le sondage Ifop réalisé en décembre à la demande de sept associations (LPO, FNE, Aspas, Humanité et Biodiversité, SNPN, SHF et SFEPM) en témoigne.

Ce rejet constituerait également une faute politique lourde. Les conflits entre chasseurs et randonneurs, cavaliers, vététistes ou promeneurs en famille ne cessent de s’intensifier. Il n’est plus acceptable de fermer les yeux sur une société qui évolue. Le partage de l’espace naturel s’impose de manière urgente, faute de quoi les conséquences pourraient se révéler plus graves encore.

D’autres pays, dont certains à forte tradition de chasse, ont fait le choix d’une cohabitation apaisée. Ainsi l’Angleterre, le pays de Galles, les Pays-Bas, la Suisse, l’Espagne, l’Italie ou encore le Portugal ont instauré un ou plusieurs jours sans chasse dans l’intérêt général. Par ailleurs, contrairement à ce qui est parfois colporté, ce ne sont pas les “bobos parisiens” qui craindraient pour leur sécurité mais bien les ruraux, qui restent les plus inquiets à 74 % (contre seulement 67 % pour les habitants de l’agglomération parisienne).

Face à ce constat, l’exécutif s’apprête à prendre des mesures dérisoires. Le contrôle d’alcoolémie, présenté comme une avancée admirable, ne relève que de l’élémentaire. Même un cycliste en état d’ébriété peut être sanctionné, il paraît évident qu’un porteur de fusil devait l’être également depuis longtemps.

Par ailleurs, l’idée d’une “application chasse” permettant d’identifier les zones dangereuses s’apparente à une tartufferie. Elle renverse les rôles, en signifiant que ce sont les promeneurs qui devraient être attentifs. Qu’adviendra-t-il en cas d’accident ? Le promeneur sera-t-il coupable de ne pas avoir utilisé l’application ?

Au-delà des relations humaines, le dossier intéresse également la nature. Une journée de “paix dans la jungle” ne serait pas un luxe lorsqu’on sait que la France chasse le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux (64, contre une moyenne de 39 dans le reste de l’Europe). Elle se singularise également par les quelque 20 millions d’animaux élevés de manière souvent douteuse pour être relâchés dans la nature afin de mieux garnir les gibecières. Elle se distingue enfin par les 15 espèces d’oiseaux chassables bien que figurant sur la liste rouge de l’UICN.

La nature, elle aussi, aspire à la quiétude. Une chasse durable et responsable, ne s’exonérera pas d’un regard solidaire à l’égard des autres usagers de la nature. En repoussant l’échéance, l’exécutif se tire une balle dans le pied. Plus grave, il sera redevable des drames que pourrait générer des mauvaises habitudes.

A.Bougrain et M.Orphelin, Le journal du dimanche.
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Les mérites du théâtre

La Comédie-Française incarne le théâtre. Son répertoire, à la fois très large et fidèle à la grande tradition classique du théâtre français, explique l’identification très forte qui s’est établie entre l’institution et l’image de la France dans le monde.

Surtout l’éclat du Théâtre-Français tient à la qualité de sa troupe. Cette façon qu’ont les comédiens du Français de prononcer leur texte, d’articuler chaque syllabe, de rendre ce qu’ils disent clair, intelligible, élégant sans fioriture, tout relève de l’esprit français, tout y exprime l’art de la conversation, le souci de courtoisie, le respect dû à la langue, l’amour que l’on ressent pour elle.

Le théâtre devrait être obligatoire dans les écoles. Non pas comme alibi culturel ou comme sujet d’enseignement, non, mais pour sa pratique, comme élément central de l’éducation de l’élève et de sa construction.

Les mérites du théâtre sont à la fois immenses et innombrables. Il renforce le sens de la solidarité au sein de la troupe, celui du partage. Il permet d’affirmer la confiance en soi. Il oblige à acquérir une élocution de qualité et l’obligation, aussi, de respecter son interlocuteur. Il offre l’occasion d’un enrichissement émotionnel.

Incarner Antigone ou Oreste, Harpagon ou Bérénice, des personnages que traversent des émotions universelles, cela bouscule, ouvre des horizons, oblige à l’écoute et favorise la compréhension de l’autre.

Il y a plus. Le théâtre impose deux contraintes. D’abord, celle d’apprendre de beaux textes par cœur. Cela permet d’accéder à l’intimité de l’œuvre, à la vraie culture, celle qui est à nous pour toujours. Si Boèce, dans sa prison, a pu affronter la mort comme il l’a fait, c’est parce qu’il portait en lui les textes des Anciens. Dans une préface à La Consolation, Marc Fumaroli parle du par cœur : “les textes appris par cœur très tôt vont vivre en nous tout au long de notre existence, ils nous seront acquis, prêts à nous soutenir dans nos épreuves”

Autre immense mérite du théâtre, il oblige à vivre en harmonie avec le silence. À faire de lui un allié. À dompter les instants qui précèdent la réplique. À laisser s’installer ceux qui la suivent. Le silence est le résultat d’un approfondissement, d’une attention aiguë. Il y a sur ce plan un lien spirituel non pas entre l’acteur et la troupe, mais entre lui et la salle.

Elle l’écoute, le suit, l’approuve, elle s’en remet à lui, et par un retournement que seul le théâtre permet, voilà qu’elle devient responsabilité de l’acteur. Il en a la charge. Le théâtre le relie à la salle, aux autres, à tous les autres.

Enfin, le théâtre est une extraordinaire machine à métamorphoser les solitudes. Les enfants, les adolescents qui se sentent seuls, qui niera qu’ils sont nombreux ? Qu’ils ne se comptent plus ? Que ce sont les plus fragiles ? Les plus à risque de rupture sociale ? Leur solitude est toujours perçue comme honteuse, c’est ainsi. Elle les conduit à la détestation de soi, au malheur.

Voilà que, sur scène, l’enfant, l’adolescent voit soudain sa solitude se transformer. De honteuse, la voici glorieuse. On approuve l’enfant. On l’applaudit. Et sa vie s’embellit. Oui, le théâtre peut changer des vies.

D’après Metin Arditi, dictionnaire amoureux de l’Esprit français.
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L’insuffisance cardiaque survient quand le cœur n’est plus suffisamment puissant pour fournir au corps tout le sang et l’oxygène dont il a besoin. Le cœur travaille alors trop fort pour que le sang continue de circuler dans tout le corps.

Responsable en France de 165.000 hospitalisations par an et d’environ 70.000 décès, l’insuffisance cardiaque n’est pourtant pas, selon les cardiologues, une maladie difficile à diagnostiquer, et il existe des médicaments efficaces pour la quasi-totalité des pathologies qui en sont responsables.

Encore faut-il ne pas banaliser les premiers symptômes pour ne pas finir aux urgences. Chez un patient hospitalisé en urgence sur deux, des symptômes d’alerte sont survenus au moins deux semaines plus tôt. On sous-estime les symptômes qui révèlent une insuffisance cardiaque et on sous-estime sa gravité. « On », ce sont les patients mais aussi, parfois, les médecins.

“Il y a quatre signes d’alertes à connaitre. Les cardiologues les regroupent sous l’acronyme EPOF : Essoufflement, Prise de poids, Œdèmes, Fatigue”, explique le Pr Thibaud Damy, cardiologue et président du groupe insuffisance cardiaque et cardiomyopathie (GICC) de la Société française de cardiologie, qui vient de dévoiler les premiers résultats d’une étude éloquente.

Celle-ci montre qu’à l’évidence, ces signes ne sont pas connus du grand public. L’insuffisance cardiaque n’est pourtant pas une pathologie rare : officiellement, un peu plus d’un million de Français sont touchés, mais la réalité est probablement plus proche de 2 millions, estime le GICC, qui a réalisé en 2018 une enquête auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 à 80 ans.

Le GICC a demandé à 800 patients, qui avaient été hospitalisés à cause d’une insuffisance cardiaque dans l’année écoulée, s’ils avaient présenté ces signes avant l’épisode de décompensation (déséquilibre majeur d’une pathologie) qui les a conduits à l’hôpital.

Il s’avère que la moitié avait présenté des symptômes d’insuffisance cardiaque depuis au moins deux semaines, et même depuis plus de deux mois pour un tiers d’entre eux.
Mais quelqu’un qui est essoufflé pour des efforts modérés, qui a les pieds et les jambes qui gonflent, qui prend du poids et qui est fatigué ne pense pas tout de suite à l’insuffisance cardiaque. II devrait le faire pourtant, et son médecin davantage encore. Car l’insuffisance cardiaque se traite bien dans la très grande majorité des cas.

Quatre règles de vie simples, mais primordiales résumées par EPON : Pour Exercice physique, Prendre son poids, Observer les traitements prescrits, Ne pas trop saler.

Avoir chaque jour un peu d’activité physique entraîne le muscle qu’est le cœur. Se peser quotidiennement permet d’être vite alerté en cas de prise de poids rapide (2 ou 3 kg sur 3 jours, par exemple) qui peut signaler un œdème. Prendre régulièrement ses traitements, de même que ne pas trop saler en méfiant du sel caché.

Des règles de vie simples que tous les médecins recommandent. Pourtant, selon l’enquête du GICC, la moitié des patients n’en garde aucun souvenir…

D’après Damien Mascret, Le Figaro, septembre 2019.
Publié le par Henry Ranchon | Laisser un commentaire

15 raisons pour boire plus d’eau.

1. L’eau solvant miraculeux : Bien qu’elle n’ait aucun goût et aucune couleur, l’eau est capable de diluer plus de substances qu’un autre liquide.

2. L’eau régulateur de la température de notre corps : Tout le monde sait que quand on a très chaud, boire de l’eau est très important mais saviez-vous qu’il est également important de boire de l’eau quand on a froid. Le risque de déshydratation est en effet plus important quand on a froid car le corps lutte pour le maintenir chaud et il est donc impératif de boire beaucoup d’eau.

3. L’eau permet une meilleure oxygénation du corps. L’eau permet de garder notre corps humide ce qui est essentiel pour la majorité de nos organes notamment nos poumons qui doivent comprendre fort taux d’humidité pour bien fonctionner. Des études ont montré un lien entre la consommation d’eau et ses effets sur la réduction de l’asthme.

4. L’eau comme composant principal de notre organisme environ 70 % du corps humain effet d’eau boire de l’eau est donc indispensable pour son fonctionnement.

5. L’eau pour se détoxifier. Notre organisme est souvent exposé à des toxines provenant de notre environnement externe. Boire de l’eau est une méthode simple et naturelle pour s’en débarrasser d’où l’importance d’en boire beaucoup.

6. L’eau permet de réguler le taux de sucre dans le sang. Le niveau de sucre dans le sang joue un rôle important dans notre santé et dans notre bien-être général. Il est donc primordial de contrôler son niveau de sucre en buvant beaucoup d’eau et en mangeant des aliments hydratant comme des fruits frais.

7. L’eau aide à perdre du poids rapidement. Une étude américaine a montré que les adultes qui boivent de l’eau avant chaque repas consomment moins de calories pendant le repas et donc perdaient plus facilement du poids.

8. L’eau comme moyen de lutte contre la constipation. Au-delà de tous les effets négatifs lié à la mauvaise hydratation, un des effets les plus détestable est la constipation. En effet l’eau permet de la bonne digestion des aliments que nous mangeons, c’est pourquoi il est essentiel dans fournir assez à notre organisme.

9. L’eau : booster d’humeur ! Des études ont montré que boire de l’eau avec des effets indirects sur notre humeur. Les chercheront en effet ont observé que la déshydratation était souvent associée aux sentiments de colère et de dépression.

10. L’eau pour le fonctionnement de notre cerveau : la déshydratation entraverait le bon fonctionnement de notre cerveau ce qui aurait pour conséquence des problèmes de concentration ou encore des pertes de mémoire.

11. L’eau comme remède contre les migraines : si vous souffrez souvent de migraine cela pourrait être dû à une commotion trop faible d’eau. En effet selon des études, les personnes qui ne consommeraient pas suffisamment d’eau souffriraient le plus souvent de douleur ou encore de crampes.

12. L’eau remède contre l’acné : Consommer beaucoup d’eau réduirait l’apparition ou le développement de boutons d’acné. En effet l’eau empêche la prolifération des bactéries responsables de ce phénomène disgracieux.

13. L’eau pour la santé de nos muscles : en gardant notre organisme suffisamment hydraté nous garantissons par la même occasion une bonne lubrification de nos muscles ce qui est essentiel pour leur fonctionnement. De cette manière on réduit le risque d’entorse ou de diverses blessures.

14. L’eau comme source d’énergie : notre organisme a tendance à montrer des signes de fatigue lorsque nous ne buvons pas assez d’eau ; ceci peut être expliqué par le fait que nos organes vitaux travaillent alors plus pour pomper l’oxygène dans le sang. Pour garder la forme, optez donc pour un grand verre d’eau à la place d’un café.

15. L’eau comme sex booster : Des soucis au lit ? Une mauvaise hydratation pourrait en être la cause qui pourrait simplement être résolus par une consommation plus importante d’eau.

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