Se muscler en restant statique

C‘est une activité sportive accessible à tous : ados, adultes, séniors, débutants ou sportifs aguerris. Elle protège tout particulièrement les articulations. Cette activité, c’est le travail des muscles en statique (en isométrie), qui se caractérise par des exercices de renforcement musculaire sans charges additionnelles. Pas besoin de soulever des tonnes de fonte pour retrouver un corps solide et plus tonique. Il s’agit, en travaillant seulement avec le poids du corps, d’adopter une position et de la maintenir durant un temps imparti ou le plus longtemps possible.

Alors qu’à l’inverse, les exercices dits dynamiques enchaînent une succession de contractions et de relâchements des muscles, durant les entraînements en statique, on effectue des contractions prolongées pour maintenir certaines postures, c’est pourquoi l’effort musculaire est bien plus exigeant. Cette action intensifie le recrutement de la fibre musculaire et par conséquent le travail du muscle en profondeur. Ainsi, en luttant contre la gravité afin qu’aucune partie du corps ne s’affaisse, on améliore de manière significative son équilibre, sa coordination et sa densité musculaire.

Voici les trois postures (appelés également exercices de gainage), les plus connues et qui assurent la base d’une tonification musculaire générale :

La planche : se tenir en appui sur les coudes et sur la pointe des pieds, en position allongée parallèle au sol, le ventre face au sol, sans cambrer ni lever les fesses vers le haut. Il s’agit de contracter la sangle abdominale entre 15 et 30 secondes pour débuter, de récupérer autant, et de recommencer sur une dizaine de répétitions. Sont sollicités les muscles abdominaux, dont le transverse, qui sangle littéralement le ventre et assure l’essentiel du maintien des viscères. En ligne de mire : l’arrondi du ventre qui peut disparaître, si toutefois vous répétez régulièrement l’exercice !

La chaise : dos collé au mur, s’abaisser jusqu’à ce que les cuisses soient parallèles au sol et forment un angle droit avec les mollets. Bras détendus, on doit maintenir le plus longtemps possible la position sans pour autant tétaniser les muscles. Les muscles ischio-jambiers sont ici en première ligne, mais aussi l’arrière des cuisses, les quadriceps et les abdominaux. Le record du monde est de 11 heures, 51 minutes et 14 secondes… vous avez de la marge !

Le Superman : à plat ventre, bras tendus au-dessus de la tête et jambes tendues. Il faut serrer les abdominaux et contracter les muscles fessiers avant de décoller de quelques centimètres bras, torse et jambes. Pour protéger les cervicales, ne levez pas la tête mais gardez-la dans le prolongement du corps. Il faut tenir la posture en respirant calmement. Sollicités : muscles fessiers, abdominaux et lombaires.

Et puis, pourquoi ne pas prolonger le plaisir au bureau également ? Voilà un exercice tout simple qui permet de contrecarrer les mauvais effets de la position assise prolongée et de muscler les jambes : le dos bien droit, assis(e) au bord d’un siège, pieds à plat, tendre une jambe jusqu’à ce qu’elle soit parallèle au sol et la maintenir en l’air, les orteils relevés vers soi. Compter jusqu’à 20 en contractant les muscles puis la reposer avant de faire de même avec l’autre jambe. Essayer de poursuivre en augmentant progressivement… 30 secondes… puis 45…

Si tous ces exercices renforcent les muscles ciblés en profondeur, pour peu que vous soyez assidu, il ne faut pas compter sur eux pour vous tailler une carrure d’athlète. Nous parlons ici de renforcement musculaire, pas tout à fait de musculation à proprement parler. Mais cette méthode d’isométrie permet de stimuler le métabolisme de base, c’est-à-dire les besoins en énergie du corps pour fonctionner au repos. Et du coup, perte de calories garantie. Et ça, c’est pas mal aussi !

D’après, Christophe Brun, Le Point, mai 2022.
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Vive le bilan de compétences !

La crise liée au Covid a accéléré la quête de sens au travail de nombreux salariés. Quel est le point commun entre Laura, ancienne téléopératrice dans un centre d’appels, Tiphaine, qui a créé son entreprise après avoir été licenciée d’Airbnb, Denis, magasinier devenu assistant de gestion, Elodie, photographe indépendante, ou Chloé, avocate ? Tous ont réalisé un bilan de compétences ces deux dernières années.

Créé en 1991, cet outil d’orientation accessible à tous les actifs pour faire un point sur leurs compétences et s’interroger sur leur carrière, connait un formidable regain d’intérêt. Selon la Caisse des dépôts, qui pilote le compte personnel de formation (CPF) par lequel les actifs peuvent mobiliser les droits accumulés durant leur vie professionnelle, 85.000 demandes de financement de bilan de compétences ont été validées en 2021, en augmentation de plus de 60 % sur un an. Au moins 100.000 pourraient l’être d’ici à la fin de l’année 2022. Une véritable explosion ! Comment l’expliquer ?

D’abord, c’est une formation courte, vingt-quatre heures d’entretien sur trois mois avec un professionnel des ressources humaines, que l’on peut réaliser en dehors de ses heures de travail et sans prévenir son employeur. Et on peut la financer directement avec son compte personnel de formation pour un coût accessible : le prix moyen d’un bilan de compétences est de 1.600 €.

L’objectif est double : valoriser la personne, lui redonner confiance, recréer une dynamique, et l’aider à identifier et bâtir un projet professionnel réaliste, en s’appuyant sur des tests psychotechniques et sur des recherches à mener par l’intéressé. Quelques témoignages :

“C’est un cheminement. Petit à petit, on vous amène à réfléchir par vous-même sur vous-même en vous aidant à prendre du recul” ; “Parce qu’elles n’ont pas été validées par un diplôme, c’est comme si je n’avais pas conscience de compétences propres à ma personnalité” ; “Formuler à voix haute devant un professionnel une envie de faire et être écoutée fut un grand pas vers la concrétisation du projet” ; “Ces échanges avec un professionnel m’ont réconforté”

” Avant même qu’il soit terminé, le bilan m’a aidée à avoir le courage de tourner la page” ; “J’avais du mal à me trouver des compétences, je ne voyais pas de perspective, l’entreprise ne m’avait pas vraiment encouragée à les reconnaître” ; “Les conditions de travail se sont durcies partout, les gens cherchent un espace d’écoute et d’accompagnement bienveillant, avec un professionnel formé” ; “Je n’aurais jamais pensé que j’avais les capacités de réaliser mon projet dans l’événementiel”…

Le bilan de compétences apporte une solution, une porte de sortie sans équivalent, parce qu’il n’implique pas de donner un tour pathologique aux difficultés rencontrées. On ne s’y présente pas en victime, mais en acteur de son propre changement. Et cela change tout.

D’après Aline Leclerc, Le Monde juin 2022
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Autres complots

Le premier homme à marcher sur la Lune n’a pas été Neil Armstrong mais Louis Armstrong (1901-1971) :

Une chanteuse blonde, aujourd’hui décédée, aurait encouragé le chanteur cardiaque Michel Berger, le 2 août 1992, à jouer une partie de tennis en plein soleil contre un adversaire plus fort que lui, ce qui lui a été fatal (enterré le 6 août de la même année au cimetière de Montmartre).

Un groupe socialiste occulte de Parisiens excédés aurait mis Anne Hidalgo sur les rails de l’élection présidentielle de 2022, insistant auprès de la maire de Paris sur sa popularité nationale.

Il paraît probable que le bus incendié place Maubert au début du mois d’avril l’a été par une Russe, épouse d’oligarque exaspérée par le bon accueil fait par la RATP aux réfugiés ukrainiens alors qu’elle-même ne parvient pas à obtenir un passe Navigo, la fortune de son époux étant gelée par l’Union européenne.

L’invasion russe en Ukraine n’aurait rien de militaire : il s’agit d’une superproduction cinématographique tournée par les studios Mosfilm en hommage à Vladimir Poutine pour fêter la 22 e année de son règne.

Emmanuel Macron serait une femme et Brigitte Macron un homme, leur rencontre aurait eu lieu à la cafétéria d’une clinique tunisienne spécialisée dans le changement de sexe : premier baiser échangé juste après les deux opérations.

Le Covid-19 a été créé dans un laboratoire espagnol par des chercheurs suisses afin de faire perdre sa première place au classement ATP à Novak Djokovic dont les services secrets espagnols et suisses, à la solde de Nadal et de Federer, n’ignoraient pas qu’il refuserait de se faire vacciner et donc serait disqualifié pour les principaux tournois du circuit professionnel.

Charles Aznavour a chanté en play-back pendant toute sa carrière, doublé par un ténor arménien qu’il payait en raisins de Corinthe et noix de cajou.

Jean-Pierre Pernaut n’est pas mort, Johnny Hallyday non plus : ils se sont mariés à Rio de Janeiro pendant le week-end de Pâques.

Nicolas Sarkozy et William Shakespeare se sont enfin mis d’accord : l’ancien président français jouera Macbeth à partir du 20 avril 1611 au théâtre du Globe (capacité : 3 000 personnes).

Patrick Besson, Le Point, avril 2022.
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“Cowalking” ou la réunion en extérieur

Il est 15 heures à Central Park. Sans surprise, on y retrouve tous les clichés habituels : des parents avec leurs poussettes, des retraités sur des bancs, le gazouillis des oiseaux et… une meute de promeneurs en costard ou tailleur.

Ce ne sont pas des touristes, ils n’ont pas d’audioguide sur les oreilles. Ce ne sont pas non plus des joggeurs, malgré leur montre connectée bipant pour indiquer qu’ils ont dépassé le seuil des 10 000 pas aujourd’hui. Non, ce sont des salariés en réunion, en cowalking ou walk and talk.

Le cowalking, que l’on pourrait traduire par réunion-promenade, se définit comme une alternative aux réunions traditionnelles. Qu’elle s’éternise pour cause de monologue de Bernard, qui aime donner son avis sur tout, ou qu’elle devienne une sieste collective devant les 873 diapositives du dernier business plan, la réunion à l’ancienne est celle où l’on perd du temps. Le walk and talk est né aux Etats-Unis lors des conférences de Steve Jobs, le fondateur d’Apple.

L’objectif le plus clair est de rattraper le temps perdu : un cowalking digne de ce nom dure une demi-heure tout au plus, s’établit sur un circuit prédéfini et doit aboutir à une décision. La prise de notes étant périlleuse en mouvement, il faut garder l’essentiel, débattu en un ou deux kilomètres. Il ne s’agit pas de faire du corandonning ni même du comarathoning, au risque de perdre quelques salariés en route…

Ce type de réunion se distingue souvent par la taille : son petit comité (entre deux et quatre personnes) est censé faciliter la discussion franche et effacer les liens hiérarchiques. Cela permet aussi de s’affranchir du manque de confidentialité de l’open space, où souvent les oreilles traînent. Pour des raisons logistiques, il est par ailleurs difficile d’envisager 20 personnes marchant au même niveau sur un trottoir. Mais on peut toujours essayer…

Bien avant Steve Jobs, les philosophes de toutes les époques ont vanté les vertus de la déambulation. Aristote enseignait au lycée d’Athènes en marchant avec ses élèves, dans l’école péripatéticienne, littéralement “qui aime se promener”. Plus tard, Jean-Jacques Rousseau découpait sa dernière œuvre “Les Rêveries du promeneur solitaire” en dix promenades. “La marche a quelque chose qui anime et avive mes idées : je ne puis presque penser quand je reste en place, développe-t-il à ce sujet dans Les Confessions” ; “Il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit” disait Montaigne.

Cette pratique stimulerait donc la créativité. Sur un pied d’égalité, en pleine émulation, chacun a son mot à dire.

Cette mode vise enfin à lutter contre la sédentarité de l’employé de bureau, en se dépensant de manière utile. En cela, le cowalking rejoint le walking desk où le salarié travaille sur un tapis roulant comme un hamster dans sa roue, ou le stand-up meeting, réunion debout pour éviter les avachissements.

Requinqué après sa promenade, le salarié serait prêt à retourner au bureau sans traîner des pieds. Reste à savoir si… ça marche.

D’après Jules Thomas, Le Monde mai 2022.
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Le dirigeant serviteur

L’ambiance est solennelle en ce lundi matin, dans la salle de réunion d’une PME en marketing. Cinq pupitres sont installés au fond de la pièce, d’où cinq chefs de projet proposent un plan de bataille pour la semaine, à coups d’affiches et de slogans. Assis sur sa chaise dans un coin de la pièce, à côté des autres salariés, un homme un peu plus âgé veille discrètement à l’équilibre du temps de parole, glisse quelques mots de-ci, de-là, pour avancer dans l’ordre du jour… Il n’est autre que le directeur de l’entreprise.

Votera-t-il pour le meilleur projet ? Sûrement pas, personne ne sortira d’ici tant que les cinq ne se seront pas mis d’accord, et lui n’interviendra pas. Même en cas de conflit, il ne prendra pas parti par peur de défavoriser ou de frustrer certains salariés, et il fera le choix du laisser-faire.

En leur octroyant sa confiance, ce manageur est simplement au service de ses collaborateurs : il fait preuve de “servant leadership“, un oxymore que l’on peut traduire par “leadership serviteur” ou “animation serviable”. Le concept est à mettre au crédit de Robert Greenleaf, pionnier du management dans le groupe américain AT&T : “Le meilleur dirigeant est d’abord un serviteur”, peut-on lire dans son ouvrage The Servant as Leader (1970). Ce dernier postule qu’un dirigeant “leader avant tout” aurait tendance à privilégier ses intérêts personnels, ce qui desservirait la performance de l’organisation.

WeMaintain, une entreprise spécialisée dans la maintenance réglementée des immeubles, s’est convertie : “On voulait couper avec le management autoritaire, se souvient le cofondateur Tristan Foureur. C’est plus un état d’esprit qu’une méthode : il consiste à écouter les personnes, faire preuve d’empathie, être à l’opposé du micromanagement. Les 150 salariés sont divisés en équipes autoconstituées, qui définissent elles-mêmes leur management et leurs missions.

Entreprise libérée, pyramide inversée, management horizontal, holacratie… Cette image d’Épinal du chef qui ne cheffe pas vraiment tourne en boucle, mais force est de constater que la fin des chefs n’est pas pour demain.

Par ailleurs, s’il ne tranche plus et n’anime plus rien, le patron “aux petits oignons” a-t-il encore une raison de venir travailler ? Le blues du petit chef dépossédé de son autorité ne dure qu’un temps, assure Tristan Foureur : “Pour certains manageurs, lâcher la bride peut prendre du temps, mais, au fur et à mesure, ils se rendent compte que leurs équipes sont plus performantes quand elles ont la liberté de gérer leur budget.”

Et cette bienveillance s’apprend : le manageur doit être plus disponible, notamment quand un salarié s’interroge sur son évolution de carrière. Tel un sage surplombant le bruit des missions quotidiennes, il doit garder une vision d’ensemble pour intervenir à la demande et montrer l’exemple.

Ce leader serait donc une sorte d’antihéros humaniste et humble. Si, pour Napoléon, “un chef est un marchand d’espérance” (vers 1797), il deviendrait ici un marchand de chouquettes, un gentil papy gâteau faisant l’intendance et organisant des séminaires… Mais gare à ne pas trop surjouer la posture du patron affectif, qui ferait alors du “servant leadership” un nouveau paternalisme en entreprise !

En tout cas, derrière l’autonomie affichée, il est fort probable que le leader montre la voie quand les équipes ne résolvent pas un conflit. Et rappelle à l’ordre ses salariés, si le débat tourne à la foire d’empoigne. Bref, bienveillance et fermeté ; un subtil mélange sucré/salé !

D’après Jules Thomas, Le Monde, mars 2022
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