La Règle d’or

Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas que l’on te fasse” est ce que l’on a coutume d’appeler la Règle d’or. C’est l’un des fondements essentiels de l’éthique (comment vivre avec plus de sagesse ?) et de la morale (que faut-il faire par rapport au Bien et au Mal ?) dans toutes les sociétés humaines.

C’est une sorte de loi naturelle élaborée au fil des siècles, dont la force vient de ce qu’elle est facile à comprendre et qu’elle fait référence à aucun culte, aucune divinité, aucun dieu, ni aucune philosophie particulière.

Les enfants comprennent très bien la Règle d’or et le principe de réciprocité et de responsabilité qui en découle. Nous la mettons en œuvre lorsque, plutôt que de dire à un enfant “Ne tire pas les cheveux de ta sœur”, nous inversons la situation “Tu as envie que ta sœur te tire les cheveux ? Non ! Alors ne le fais pas, toi non plus” ; Parce qu’elle est simple et facile à comprendre, cette règle devrait être le point de départ et le socle de toute méthode éducative.

La Règle d’or est formulée dans toutes les cultures orales et les civilisations de l’écrit. C’est le socle universel de la morale. Ainsi Aristote conseille de se comporter avec ses amis comme nous souhaiterions qu’ils se comportent avec nous. Dans son discours sur la Montagne, Jésus reprend la Règle d’or en lui donnant une portée universelle qui ne souffre aucune exception. Elle ne s’applique plus aux seuls membres d’une caste, d’une cité ou d’un peuple, mais elle régente les relations de tous les êtres humains.

On retrouve la Règle d’or dans l’ensemble du monde oriental. Le sage chinois Confucius (6°siècle avant notre ère) la transmet ainsi dans ses Entretiens où est retranscrit l’essentiel de son enseignement “Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse à vous-même” ; À peu près à la même époque, en Inde cette fois, c’est le Bouddha qui s’exprime en ces termes “Ne blesse pas les autres avec ce qui te fait souffrir toi-même”

Appliquer la Règle d’or, c’est se mettre à la place de l’autre qui a les mêmes désirs et les mêmes aversions que nous. Nous pouvons le faire dans les rapports les plus élémentaires du quotidien. Nous détestons que l’on nous bouscule dans le métro ? Arrêtons-nous aussi de bousculer les autres passagers parce qu’ils sont encombrés par une valise ou une poussette. Nous n’avons pas envie que l’on nous mente ? Ne mentons pas aux autres. Nous ne supportons pas que quelqu’un pique notre place dans une file d’attente ? Ne le faisons pas subir aux autres, même si nous sommes pressés.

Je détestais que mes parents parlent d’âge bête en parlant de moi ado ? Alors je ne dis jamais cela. Je détestais que mes parents déboulent dans ma chambre d’ado sans frapper à la porte ? Alors je ne fais jamais cela. Je n’aime pas que mon manager use vis à vis de moi d’arguments affectifs et fasse du chantage ? Alors je ne fais jamais cela. Je déteste que l’on fasse semblant de m’écouter, alors je ne fais jamais cela… C’est d’une simplicité “enfantine”, mais le faire ou ne pas le faire change totalement la vie commune d’un couple, d’une famille, d’un groupe, d’une société.

La Règle d’or peut aussi se formuler de manière positive pour nous pousser à agir. Cela commence par des petites choses. Nous apprécions un sourire ? Alors sourions. Nous apprécions les compliments ? Alors faisons des compliments sincères, à notre épouse, à nos enfants, à nos étudiants, à la postière… Et offrons aux autres ce que nous aimerions qu’ils nous offrent : un peu d’amabilité, de disponibilité, d’attention, d’écoute et de réconfort.

Lorsque nous agissons ainsi, nous ressentons souvent une lueur de joie. À l’inverse, lorsque nous faisons à l’autre ce que nous ne souhaitons pas qu’il nous fasse, nous pouvons ressentir un remords ou un nuage de tristesse. C’est ce que l’on pourrait appeler la voix de notre conscience et c’est la force étonnante de la Règle d’or.

D’après Frédéric Lenoir “Petit traité de vie intérieure”
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3 réponses à La Règle d’or

  1. Patrice ROCHE dit :

    Nous pourrions bien définir pour nos étudiants la règle d’or suivante :
    “Ne fais pas à tes profs ce que tu ne souhaites pas que l’on te fasse”

    Sans entrer dans de méchantes attitudes, simplement un peu de silence !

    Et je trouve ce billet d’une vérité totale.

  2. Binisti dit :

    Merci de rappeler cette règle primordiale. Nos religions ne cessent de rappeler ce principe sous forme de multiples exemples. Je me souviens de l’histoire d’un rabbin torturé par un romain et qui lui dit : “si tu es capable de me résumer la Thora en une seule phrase, je te laisse la vie” et le rabbin de lui répondre que toute la Thora se résume… par la Règle d’or. Si l’on regarde les 10 commandements les uns après les autres, on se rend compte effectivement qu’ils ne sont que des exemples de la Règle d’or. A bientôt. Jacques

  3. Nico Henry dit :

    Comme nous en avons déjà parlé, le “Petit traité de vie intérieure” de Frédéric Lenoir est pour moi une référence. Merci pour ce rappel de la Règle d’or si importante à respecter dans notre vie quotidienne. A bientôt, Nico.

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