Les ravages du cannabis

Depuis deux générations, l’usage “récréatif” du cannabis ne cesse de croître en France, avec des âges d’initiation de plus en plus précoces chez les adolescents et même les préadolescents.

Parallèlement à cela, il existe un véritable lobbying, souvent inconscient et de type bobo libertaire, qui cherche à convaincre le grand public que le haschich est beaucoup moins dangereux que le tabac pour les poumons et les artères. Ce que les adolescents ne manquent évidemment pas de gober.

Mais nous savons aujourd’hui qu’un usage précoce entraîne un plus grand risque, puisque 10 % des adolescents ayant débuté leur consommation de cannabis dès l’âge de 15 ans ont présenté une schizophrénie dans les dix ans qui ont suivi, et qu’ils sont nettement moins nombreux quand la consommation ne débute qu’à 18 ans. Ce seul effet secondaire devrait suffire à faire réfléchir, car la schizophrénie est l’un des drames humains les plus terribles qui soient.

Il est également démontré que les adolescents consommateurs réguliers de haschich deviennent moins intelligents que les autres une fois devenus adultes. La mémoire à court terme est durablement et intensément perturbée chez l’adolescent qui consomme régulièrement. L’usage du cannabis provoque un désintérêt pour les études, des échecs scolaires, un arrêt du cursus scolaire…

Dépendance, isolement et retrait social sont aussi constatés chez les plus gros consommateurs. La ligne rouge est franchie quand le jeune se met à fumer seul. Retrait social, démotivation, échec scolaire et professionnel aboutissent au syndrome dépressif que l’on voit régulièrement apparaître.

La consommation de cannabis, surtout quand elle est associée à l’alcool, entraîne par ailleurs de grosses perturbations au niveau de la coordination motrice et augmente considérablement le risque d’accident de moto, de voiture… ce que l’on déplore chaque week-end à la sortie des boîtes de nuit.

Enfin, les conséquences sont potentiellement sérieuses sur le plan médical. La consommation régulière de haschich chez l’homme contribue à une baisse de la fertilité. Pour les femmes, pendant la grossesse, la consommation de cannabis risque d’entraver l’activité cérébrale du fœtus, retardant le développement du cerveau in utero, avec les conséquences que l’on peut imaginer. Et fumer du cannabis entraîne clairement une augmentation des risques de cancer.

Le débat relancé régulièrement par des politiques bobos et repris par des journalistes post-soixante-huitards est systématiquement déformé par ce que les psychiatres appellent la projection. Ces responsables, ou soi-disant tels, n’ont en général pas de formation scientifique et raisonnent sur des bases idéologiques, émotionnelles, électoralistes et surtout en fonction de leur propre expérience, laquelle est biaisée.

Car le joint “Woodstock” des années 70 n’a rien à voir avec le “Shit” actuel qui peut contenir jusqu’à vingt fois plus de principe psychoactif (tétrahydrocannabinol) !

Ces beaux esprits qui ont fumé du haschich light au cours de leur adolescence ne voient pas où est le problème. Pour eux, il n’y a pas eu de conséquences. On devrait les inviter à passer quelques jours dans les services psychiatriques pour jeunes schizophrènes.

Ils verraient alors ce que cette maladie représente comme tragédie humaine et comme gâchis pour des ados et leurs familles, car la schizophrénie est un cyclone, un tsunami, un drame épouvantable qui ruine des vies entières.

D’après Patrick Lemoine, psychiatre, directeur médical international de la division psychiatrie du groupe Clinéa, Le Monde juin 2013. 

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3 réponses à Les ravages du cannabis

  1. Une légalisation du cannabis convivial serait souhaitable pour qu’il y ait des boutiques permettant à des personnes d’acheter du matériel afin qu’ils puissent cultiver chez eux une quantité limitée (deux pieds ça suffirait). La France a avancé sur le sujet, le Sativex entre en vigueur l’année prochaine pour les patients de la sclérose en plaque.

    Je comprends la position de l’Académie de médecine mais je ne la partage pas. Le cannabis est aussi convivial et n’est pas plus dangereux. Les anti-dépresseurs çe n’est pas pareil du tout. Je crois que faire un tel amalgame ne fait rien avancer au sujet. Des gens en ont besoin et ça n’a strictement rien à voir. Les anti-dépresseurs aident à aller mieux quand le cannabis à l’excès provoque des dégâts neurologiques et psychologiques. Bien évidemment que les anti-dépresseurs devraient être mieux prescrits dans certains cas mais ça n’est pas à comparer.

  2. Cependant, le système d’aujourd’hui fait que ces fumeurs se marginalisent puisqu’interdits. Le cannabis médicinal a fait ses preuves et on peut dire que le cannabis légalisé et contrôlé est une solution.
    Une solution à quoi ?

  3. Laurent l'aviateur dit :

    Syndromes dépressifs, schizophrènie, retrait social c’est un peu les symptômes que j’ai ressenti le 11 juin dernier en appuyant sur la touche “enter” de mon ordinateur.
    Pourtant le destinataire était une adresse banale du type : “impôt.gouv.fr”
    Moi aussi je me suis fait “fumé”
    Promis j’arrête
    Toujours sérieusement, merci encore pour ce sujet sensible

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