Spinoza : Une philosophie de la joie

Spinoza (1632-1677) fut vénéré comme un sage, un saint homme, modèle d’humanité, de douceur, de réflexion, d’humilité et fut en même temps pourchassé comme un diable menaçant l’ordre établi. Car cet homme retiré qui vit pauvrement et qui ne publie presque rien se révèle extraordinairement influent. Le jour de son enterrement alors qu’il est mort en possédant quelques habits, des livres et un lit, six carrosses suivent sa dépouille…

À 23 ans, il est chassé de sa communauté juive d’Amsterdam au terme d’un rituel très sévère : “Vous ne devez avoir avec Spinoza aucune relation écrite ni verbale. Qu’il ne lui soit rendu aucun service et que personne ne l’approche à moins de quatre coudées. Que personne ne demeure sous le même toit que lui et que personne ne lise aucun de ses écrits”

Pour survivre, il polit des lentilles pour des lunettes astronomiques et des télescopes en appliquant ses connaissances scientifiques. Cet artisanat lui laisse la possibilité, dans une petite pièce attenante à son atelier, de poursuivre la seule tâche qui lui importe : la construction d’une philosophie capable d’englober la totalité du monde, de l’existence et des actions humaines, en répondant comme les Grecs, à la seule question : « Comment vivre ? » ; On peut résumer l’essentiel de sa philosophie en cinq points.

1. «Dieu ou, si vous préférez, la Nature » ; Dieu se trouve synonyme de la nature, la nature équivaut à Dieu. Les deux noms renvoient à la même réalité. Il rompt aussi avec la conception habituelle selon laquelle Dieu et le monde seraient extérieurs l’un à l’autre. On peut alors comprendre que la perfection divine est présente dans la moindre des réalités.

2. Les hommes se croient libres. Ils ont le sentiment de prendre des décisions, de constituer ainsi le cours de leur propre existence. Mais ce ne sont que des constructions imaginaires engendrées par notre ignorance. En réalité, Dieu-la Nature obéit à des enchaînements de causes à conséquences qui sont tous régis par une absolue nécessité.

Et les hommes, eux aussi, sont régis par ce déterminisme. Il n’est pas en leur pouvoir de décider librement quoi que ce soit. S’ils le croient, c’est qu’ils ignorent les causes réelles qui les font agir. Autrement dit, je me crois libre à la mesure de l’ignorance où je suis de ce qui me détermine. Et mes décisions, elles aussi, découlent mécaniquement des causes qui me déterminent et qui sont extérieures à moi.

3. « Connaître vraiment, c’est connaître par les causes » affirme Spinoza. La connaissance exacte des causes inclut une voie de libération qui défait les illusions, les faux savoirs, les fausses attentes, les fausses craintes qui sont sources de tristesse et de malheur. Et cette compréhension complète de la réalité conduit à une transformation radicale du regard. Par exemple, mourir en connaissant exactement les causes du mal dont on est victime n’est pas du tout identique au fait de mourir en croyant que l’on a été puni par la volonté de Dieu ou par la malchance.

4. Ce point fit encore plus scandale : Il explique en effet que Bien et Mal ne correspondent à rien et qu’il s’agit de représentations vides. Les hommes construisent ces illusions en fonction de l’agrément ou du désagrément qu’ils trouvent aux situations qui se présentent.
Mais contre la conception, qu’il juge illusoire et mystificatrice, d’une morale fondée sur le choix libre, opéré par une volonté souveraine, entre des réalités opposées que seraient le Bien et le Mal, Spinoza instaure une éthique. Elle repose sur la connaissance de la réalité. Elle ne consiste pas à se conformer à des valeurs abstraites, mais à se comporter selon les conséquences tirées de la connaissance des causes qui agissent sur nous.

Par exemple, il ne viendrait à l’idée de personne de blâmer un nuage, de soutenir qu’il devra être réprimandé pour sa volonté mauvaise d’envoyer des grêlons sur les récoltes ! Cela n’empêche nullement qu’on se protège de l’orage aussi efficacement que possible.

5. Cinquième point : Sa philosophie établit la plénitude du désir, conçu comme affirmation et non comme manque ; “Le désir est l’essence de l’homme” disait-il.
Depuis Platon, le désir était pensé comme privation, expression de ce qui fait défaut. Spinoza affirme l’inverse : il soutient la positivité du désir, il en fait la source de nos jugements et de nos conduites. Selon lui, par exemple, un homme trouve une femme belle parce qu’il la désire. Il ne la désire pas parce qu’elle est belle, comme on le croit généralement. Une fois encore, Spinoza opère donc un renversement et à la place de l’illusion où vivent les hommes, il montre une réalité dont ils ignorent l’existence.

Il s’agit donc avant tout d’une philosophie de la joie et dans la joie, Spinoza voit un accroissement de notre puissance d’agir, une expansion de notre être qui s’oppose à la restriction de l’existence que la tristesse (qu’il appelait “une passion triste”) comporte et entraîne. Et selon Spinoza, la béatitude, cet état dans lequel vit le sage, n’est pas une extase, un abandon de la raison. C’est plutôt la plénitude ultime du savoir qui conduit à la vie bienheureuse.

D’après Roger-Pol Droit, Le Monde 2019 – “Le Miracle Spinoza” Frédéric Lenoir.
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Une trop forte compétition peut écraser certains ados

Il y a de plus en plus de pression de la société et des parents, concernant la réussite scolaire. La pression monte dès l’école sur les jeunes pour qu’ils trouvent le plus tôt possible leur orientation. Mais exercer trop de pression peut paralyser certains ados. Une forte compétition peut nourrir certains adolescents et les pousser à devenir plus forts, mais chez d’autres, elle va les écraser et provoquer l’effet inverse.

Je me souviens d’une de mes étudiantes à l’Université que je trouvais triste et déprimée. “Mon père voulait que je fasse HEC, mais je n’y suis pas arrivée” me dit-elle.

Au Japon, des centaines de milliers de jeunes présentent un trouble appelé hikikomori. Ils restent dans leur chambre et n’en sortent que pour aller acheter à manger à un distributeur. Ils n’ont plus de contact avec leur famille et n’échangent avec leurs copains que par le biais des réseaux sociaux et des jeux vidéo en ligne. Ils peuvent rester isolés ainsi des années. Le problème est si considérable que les ministères de l’éducation nationale et de la santé japonais ont lancé des études et des prises en charge spéciales.

En France, nous voyons des jeunes qui restent chez eux en ne sachant pas trop pourquoi. Le plus souvent, il leur est trop difficile de construire le personnage de quelqu’un de fort et ils préfèrent se recroqueviller sur eux-mêmes. C’est leur façon de rejeter la compétition. Et la consommation de cannabis peut les amener à perdre encore plus pied.

Cette attitude vient en partie de la pression scolaire. Un jeune va à l’école pour apprendre, pour se former et bien sûr, avoir un métier, mais il y va aussi et avant tout, pour se construire. L’école ne doit donc pas générer de la peur, mais être un lieu où l’on se construit.

Avoir de bonnes notes est important, mais il n’est pas indispensable d’avoir 15 ou 17 sur 20 dans toutes les matières. On peut ne pas être excellent dans toutes les disciplines, car chacun a au moins un domaine où il va être bon. Cela peut être le sport, l’entreprise, les maths, le dessin, la danse, la chimie, la musique, le théâtre, les relations avec les autres…

Les jeunes s’adaptent bien aux situations nouvelles. Ce sont les adultes qui ont peur qu’ils ne s’adaptent pas. Les jeunes sont nés et grandissent dans ce monde et ils sont dans ce changement. Il suffit donc qu’ils suivent sans complexe le mouvement et que nous, les adultes, n’ayons pas trop peur pour eux.

Car se connaître à 16 ou 18 ans n’est pas facile. Les philosophes ont écrit des milliers de pages sur le sujet et les parents devraient en lire certaines. Montaigne, par exemple, se pose les mêmes questions que nous, et ses réponses sont applicables au XXI°siècle.

Une piste pour les jeunes est de s’ouvrir à quelqu’un en qui ils ont confiance. Se mettre au calme avec cette personne et lui dire qu’ils se posent des questions. Car il faut prendre le temps pour trouver sa voie. Aujourd’hui, tout va très vite. On échange très vite, on a toutes les informations en temps réel. Mais il est aussi utile de se poser et de discuter avec des gens en qui l’on a confiance.

Chacun peut faire le test : arrêtez-vous de faire quoi que ce soit pendant quinze secondes. Quinze secondes, ça ne paraît pas grand-chose mais vous verrez que c’est extraordinairement long. Vous constaterez que la vie devient très dense et cela vous permettra de comprendre et de réfléchir beaucoup plus vite que si vous étiez dans l’urgence en permanence. Le fait que la vie aille vite, c’est sympathique, on ne s’ennuie pas. Mais, souvent s’ennuyer permet d’avancer car cela force à se poser des questions .

Et il s’agit pour chacun, de se poser des questions concrètes : Quels seraient mes défis à moi ? Quelles sont les valeurs que je veux développer dans ma vie ? Pour quels objectifs ? Cela se résume souvent à trouver quelqu’un avec qui on veut passer sa vie, trouver un métier qui est faisable et dans lequel on va pouvoir s’épanouir. C’est déjà un grand défi que de réussir cela.

Surtout ne jamais oublier que ce qu’on appelle “le potentiel” (d’un enfant, d’un ado, d’un collaborateur) ce sont les envies accompagnées des capacités que l’on a pour les réaliser. “Le désir est l’essence de l’homme” disait Spinoza. Sans les envies, les capacités ne mènent pas à grand chose et sans les capacités, les envies ne mènent nulle part. Alors aidons nos ados à découvrir leurs envies profondes, sans trop de pression, et aidons-les ensuite à acquérir et renforcer les capacités correspondantes.

D’après Laure Belot, Le Monde, 2018
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Enfants surprotégés : Danger !

C’est un étrange phénomène qui se répand dans certains squares. Les bancs prévus pour les parents se vident. Les adultes restent collés au toboggan ou à l’échelle de corde. ” Tu veux que je te tienne ? Fais attention !

Pas question de risquer une chute, malgré le rembourrage des sols. Dans des villes américaines, les balançoires ont été retirées des cours d’écoles. Trop dangereuses…

Aux yeux des parents, la cour de récréation ne compte jamais assez de surveillants. La cour idéale fantasmée par nos parents hyperprotecteurs, c’est une cour, sans conflits, sans chagrins et surtout sans risques. Mais comment peut-on apprendre la sécurité sans se confronter aux risques ? Rien ne sert de connaître les règles si l’on n’apprend pas à repérer les instants où les appliquer.

Même chose pour les disputes. Si les adultes interviennent systématiquement en médiateurs, ils privent les enfants d’un apprentissage nécessaire. Comment peut-on enseigner à gérer ses affects et les conflits, son rapport à l’autre, la frustration et le chagrin, en préservant les enfants de tout désagrément émotionnel ?

L’enfance est devenue une période d’investissement et son temps doit être rentabilisé. Pourquoi des récréations aussi longues alors que le temps du déjeuner pourrait être exploité pour du soutien scolaire ? C’est avec un tel raisonnement que l’on abîme nos enfants. Les petits d’homme, encore plus que les autres mammifères, jouent, non pas au lieu d’apprendre mais pour apprendre. Ils découvrent les possibilités de leur corps, la gravité, les forces, les risques. L’espèce humaine n’aurait pas survécu si elle n’était pas douée pour évaluer les dangers.

Socialement, le jeu et les disputes sans supervision d’adulte forme au contrôle des émotions, aux négociations avec les autres, à la médiation. C’est ainsi que se constitue la confiance en soi. Rien de ce que nous faisons, aucun jouet, aucun cours auquel nous inscrivons nos enfants ne peut rattraper la liberté que nous leur prenons. En les confinant dans des cadres supervisés par des adultes, on les prive du temps et des occasions dont ils ont besoin pour se prendre en charge. Et ils finissent par s’en croire incapables eux aussi.

Un des critères essentiels pour être heureux, c’est d’avoir le sentiment d’exercer un contrôle sur sa vie. Comment des enfants peuvent-ils apprendre à se relever s’ils n’ont plus jamais l’occasion de tomber ?

L’Assemblée vient de voter l’interdiction des téléphones portables dans les écoles et les collèges. L’objectif affiché par le ministre de l’Éducation a tout pour emporter une large adhésion : faire en sorte que, moins distraits par leur appareil, les jeunes se concentrent davantage sur leur travail, mais aussi sur les relations réelles qu’ils peuvent tisser avec leurs camarades, par opposition aux relations virtuelles. Il s’agit donc de poser quelques limites pour que les élèves soient plus présents aux connaissances et aux personnes qu’ils rencontrent au sein de l’école.

Mais l’interdiction des téléphones est source d’une autre vertu : celle de rendre les jeunes plus indépendants… vis-à-vis de leurs parents ! En effet, l’essor des portables chez les jeunes n’est pas le seul fait de leur goût pour les réseaux sociaux. Les autres responsables en sont bel et bien leurs parents, qui équipent leurs enfants d’un téléphone, de plus en plus tôt, afin de pouvoir les suivre à la trace.

Ce phénomène participe d’une tendance plus générale, celle de la surprotection des enfants. En quelques décennies, l’éducation s’est radicalement transformée. Autrefois forme de surveillance lointaine agrémentée de pics d’intervention, elle ressemble désormais à une supervision de chaque instant.

Au sein du foyer, d’abord, puisque les parents passent plus de temps avec leurs enfants. À l’extérieur, ensuite : alors qu’hier les enfants allaient seuls à l’école et jouaient dehors avec leurs camarades, cette perspective est aujourd’hui insupportable à la plupart des parents. Dans le meilleur des cas, ils les autorisent à faire des sorties en solitaire, à condition qu’ils soient joignables par téléphone. Dans le pire des cas, ils se transforment en chauffeurs, les conduisant vers diverses activités extrascolaires hautement sécurisées.

Conséquences de cette nurserie : plus on protège nos enfants, moins ils deviennent résilients, c’est-à-dire aptes à réagir et à s’adapter. Peu habitués à voir surgir le danger, ils sont déstabilisés quand il arrive. Il y a urgence à s’interroger sur la façon dont nous armons nos jeunes pour demain.

D’autant que les enfants sont plus endurants que des athlètes. Des chercheurs viennent de démontrer que les enfants sont aussi résistants à un effort physique intense que des adultes. Plus impressionnant encore, ces marmots récupèrent plus rapidement que des athlètes qui s’entraînent six fois par semaine. Alors vive les genoux écorchés et le mercurochrome !

D’après Guillemette Faure et Sandrine Cabut, Le Monde et Laetitia Strauch-Bonart, Le Point.
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Obsessions égalitaires et passions tristes

Pourquoi les inégalités en France, pourtant moins fortes qu’ailleurs et moins grandes aujourd’hui qu’hier, sont-elles plus mal vécues aujourd’hui,?

Dans De la démocratie en Amérique, Tocqueville écrivait : « Quand l’inégalité est la loi commune d’une société, les plus fortes inégalités ne frappent point, mais quand tout est à peu près au même niveau, les moindres inégalités blessent. C’est pour cela que le désir d’égalité devient toujours insatiable à mesure que l’égalité est plus grande. »

Autrement dit, moins il y a d’inégalités dans une société, plus celles-ci sont jugées insupportables. Cette remarque de Tocqueville trouve de nos jours de nouvelles preuves de sa pertinence. Par exemple, les comparaisons internationales montrent que la proportion de citoyens qui estiment que les inégalités sont trop grandes dans leur pays est beaucoup plus élevée en Suède et en Norvège où elles sont très faibles, qu’aux États-Unis, où elles sont très fortes.

Ceci vaut aussi pour la France car contrairement à ce que l’on entend à longueur de journée, non seulement la France est l’un des pays les moins inégalitaires du monde, mais aussi un pays où les inégalités n’augmentent pas : l’indice de Gini qui sert à mesurer les inégalités avec précision, s’est établi en 2017 à 0,289 quasiment au même niveau qu’en 1990 et nettement au-dessous des 0,337 observés en 1970 après les Trente Glorieuses.

Mais cela n’empêche pas une écrasante majorité de Français de penser que la mondialisation a fait exploser les inégalités. Comment expliquer ce décalage entre la réalité et le ressenti ?

Pour le sociologue François Dubet* ce n’est plus comme membre d’une classe sociale qu’un citoyen juge les inégalités mais en tant qu’individu. On peut ainsi s’estimer égal en termes de revenus, mais inégal en termes de précarité, d’accès aux services publics, de genre, d’origines culturelles, de santé, de territoires… Et cette individualisation des inégalités exacerbe les comparaisons au plus proche de soi et les sentiments d’injustice qui en découlent.

Autant de raisons d’éprouver ces passions tristes dont parlait Spinoza : Colère, envie, rancœur, jalousie, haine… et pessimisme (les Français sont particulièrement pessimistes)

François Dubet relève d’ailleurs que les inégalités sont autant provoquées par la comparaison de sa situation personnelle avec des proches que par la comparaison avec les hyper-riches. La fortune d’un milliardaire, parce qu’elle est tellement immense qu’elle en devient abstraite, est moins à même de déclencher un sentiment d’inégalité que la belle voiture achetée par le voisin du dessous.

Une autre conséquence de cette individualisation des inégalités est qu’elles sont plus difficiles à vivre dans la mesure où elles mettent directement en cause la personne elle-même, sa propre valeur. Quant aux colères qui en découlent, elles se donnent libre cours sur les réseaux sociaux, sans avoir besoin d’être portées, comme avant, par un syndicat ou un parti politique.

230 ans après la Révolution et l’égalité en droit, les gilets jaunes apportent la preuve que nous sommes bien entrés dans le temps des obsessions égalitaires de toutes natures et des passions tristes.

* Le temps des passions tristes. Inégalités et populisme » (Seuil)

D’après Pierre-Antoine Delhommais, Le Point juin 2019
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Rester assis tue : Levez-vous et bougez !

Rester assis trop longtemps est dangereux pour la santé.

La sédentarité, définie comme une situation caractérisée par une dépense énergétique égale ou inférieure à celle observée lors d’un repos assis ou allongé, a des effets délétères sur la santé.

C’est un facteur de risque de nombreuses maladies : cancéreuses, cardiovasculaires, métaboliques, psychiques… Les méta-analyses montrent que le risque de mortalité chez les adultes augmente avec un temps sédentaire supérieur à 3 heures par jour, et de façon plus marquée lorsqu’il dépasse 7 heures par jour, et cela sans rapport avec le niveau d’activité physique. Réduire le temps passé assis dans la journée figure parmi les nouvelles recommandations de Santé Publique France.

Ce n’est que depuis les années 1990 que les méfaits liés à la sédentarité ont été soulignés.  Il faut 1,5 à 2 heures d’activité physique pour contrebalancer 10 à 12 heures de sédentarité mais il ne faut pas seulement augmenter son temps d’activité physique, il faut aussi réduire le temps où l’on est assis pour diminuer un risque de mort prématurée. C’est ce que montre une récente étude de chercheurs américains.

Chaque 30 minutes de sédentarité remplacées par une activité physique d’intensité légère réduit le risque de décès de 17 % et de 35 % s’il s’agit d’une activité physique d’intensité modérée à vigoureuse. Il vaut mieux bouger et ne pas juste se lever. Car plus les mouvements sont intenses, plus ils sont protecteurs pour la santé.

Le temps de sédentarité a été mesuré avec un bracelet d’activité porté pendant 7 jours. Cinq ans plus tard, les décès ont été comptabilisés. Puis des analyses statistiques ont été conduites pour voir si le risque de mortalité aurait été réduit quand les personnes avaient remplacé 30 minutes de leur temps sédentaire par une activité physique.

Conclusion :  Une sédentarité trop longue augmente le risque de mort prématurée. Il vaut mieux rester debout qu’assis, et assis que couché, position qu’affectionnent particulièrement les adolescents.

L’homme reste programmé génétiquement pour se tenir debout et bouger. Mais si le génome de l’être humain n’a pas changé, son environnement a été bouleversé en peu de temps. Les progrès technologiques de ces cent dernières années, certes bénéfiques à bien des égards, nous ont rendus trop sédentaires.

Comment faire pour rester assis le moins de temps possible ? Il suffit de le décider de se tenir debout le plus souvent possible, chez soi, dans les transports en commun, de se déplacer jusqu’à un collègue au lieu de l’appeler, de lire en marchant, de téléphoner en marchant, de déjeuner debout, et pourquoi pas d’organiser des réunions debout. Bref de changer nos habitudes.

D’après Pascale Santi, Le Monde janvier 2019
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L’huile de pépin de courge : L’or vert !

Au 17e siècle, les agriculteurs de la région de Styrie en Autriche, ont commencé à utiliser les pépins de courge sous la forme d’une huile qui avait tellement de vertus qu’ils l’avaient baptisée “L’or vert

Aujourd’hui, la courge est récoltée, séchée et pressée à froid à haute pression pour en extraire une huile vierge. Consommée froide (la cuisson lui fait perdre la plupart de ses propriétés), cette huile est très riche en vitamine E, en sélénium et en acides gras.

Les étonnants bienfaits de l’or vert

L’huile de pépin de courge va fournir à notre organisme des éléments nutritifs essentiels. Car elle est naturellement riche en Oméga 3, Oméga 6, magnésium, fer, cuivre, zinc. Ces acides gras et oligo éléments nous sont indispensables, mais ils ne peuvent pas être synthétisés par l’organisme.

De plus, l’huile de pépin de courge contient la plupart des vitamines dont notre corps a besoin : vitamines B (B1, B2 ; B6…), vitamine A, vitamines C, D, E et K. On comprend pourquoi on parle d’or vert.

Cette huile va aider notre organisme à mieux se défendre et va le protéger contre de nombreux troubles et maladies, liés notamment à l’âge.

Une amie de la prostate

Cette huile est composée de phytostérols qui sont des molécules très efficaces pour lutter contre les troubles de la prostate, car elles bloquent son inflammation. Ses vertus antioxydantes permettent de ralentir le vieillissement de la prostate et ainsi de soulager et retarder les difficultés urinaires.

Elle est également utilisée dans les cas d’infection urinaire. C’est un remède naturel pour traiter ces infections, particulièrement chez les femmes.

Une huile idéale pour les cheveux

L’huile de pépin de courge est conseillée pour ralentir la chute des cheveux. Lors de cas d’alopécies androgéniques, la forme la plus courante de calvitie chez l’homme, cette huile retarde la perte des cheveux en les renforçant. Elle favorise leur croissance et ainsi le renouvellement des cheveux.

Des bénéfices pour la peau

Grâce à ses effets antioxydants, elle rend la peau plus forte et aide à la cicatrisation des plaies. En application externe, elle agit comme une protection supplémentaire pour la peau contre les agressions quotidiennes extérieures.

Une huile détox

Pour nettoyer un peu l’estomac, avant de faire un jeûne de 3 jours ou un régime, l’huile de pépin de courge aide en douceur à nettoyer les intestins et le foie. On l’utilise aussi pour ses propriétés vermifugeantes, car elle favorise l’expulsion du ténia ou des ascaris.

Elle régule le cholestérol et le système cardio vasculaire

Les acides gras contenus dans cette huile permettent de combattre le mauvais cholestérol et favorisent le bon cholestérol. Le cuivre contenu dans l’huile de pépin de courge aide à augmenter les taux de globules rouges dans le sang. De plus, les vitamines qu’elle contient vont renforcer l’organisme et prévenir le vieillissement prématuré des cellules. Enfin, elle réduit la pression artérielle, ce qui permet d’éviter certains accidents cardiovasculaires.

Un anti cancer

L’huile de pépin de courge est fréquemment citée comme un préventif efficace contre le cancer de la prostate. Et certaines études montrent que l’or vert pourrait diminuer les risques de cancers du sein.

Un sommeil profond et un booster de moral

L’acide aminé tryptophane “l’hormone du sommeil” aide à avoir un sommeil plus profond.  Mon conseil perso : Pour ne pas dépasser les 3 gélules par jour qui est la dose idéale, prendre 1 gélule au déjeuner, 1 gélule au début du dîner et une troisième 1 heure avant la nuit. Pour moi qui ai tout essayé, les résultats sont tout simplement incroyables.

L’huile de pépin de courge n’a aucun effet secondaire, mais il est préférable de consulter un médecin si l’on suit un traitement contre l’hypertension, car l’huile agit déjà contre la tension artérielle. Et l’or vert est déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes.

Alors en condiment (elle est délicieuse sur une salade ou dans une soupe) ou sous forme de complément alimentaire, profitons tous sans tarder de cet or vert !

D’après Natura Santé.
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Faites bouger vos ados !

De très nombreux parents s’inquiètent de voir leur progéniture rester enfermée toute la journée, scotchée aux écrans, assise, voire couchée.

Les chiffres sont édifiants : quatre adolescents sur cinq (11-17 ans) n’ont pas une activité physique suffisante selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

C’est beaucoup. Plus ils grandissent, moins ils bougent. Les filles semblent encore moins actives que les garçons. Et la France n’est pas bien placée : A 15 ans, seulement 14 % des garçons et 6 % des filles exercent une activité physique quotidienne suffisante en France, note le dernier rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La faute à un mode de vie délétère.

Ainsi, près de 70 % des jeunes adolescents se rendent à l’école avec un engin motorisé, les autres marchant ou utilisant le vélo ou la trottinette. Quant au temps d’écran, il y est, là encore, pour beaucoup : plus de la moitié des 11-14 ans y passent plus de trois heures par jour, et 60 % des 15-17 ans.

Or, les enfants et adolescents de 5 à 17 ans devraient consacrer au moins soixante minutes (10.000 pas) d’activité physique, modérée à soutenue, par jour pour être en bonne santé et prévenir les maladies cardio-vasculaires, le diabète, les cancers du sein et du côlon, etc. D’autant plus que leurs performances physiques sont moins bonnes que ne l’étaient celles de leurs parents… et de leurs grands-parents.

L’adolescence nécessite une attention particulière, notamment pour la prévention de l’obésité. Car l’inactivité physique rime avec l’augmentation de la prise alimentaire. C’est souvent l’âge où les jeunes abandonnent un sport qu’ils pratiquent depuis l’enfance. C’est aussi la période pendant laquelle la baisse de l’activité physique est la plus forte, associée à une sédentarité en augmentation, insiste le rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses)

La première revue sur le sujet (2005) avait conclu que les enfants pratiquant chaque jour au moins une heure d’activité physique d’intensité modérée à élevée, présentaient de meilleurs profils que les enfants inactifs. Une équipe de l’université d’Exeter (Grande-Bretagne) a montré que les adolescents passant des heures dans des activités sédentaires ont plus de risque d’avoir un faible capital osseux et de développer de l’ostéoporose, une fois devenus adultes. Et la course ou le football sont plus efficaces que la natation pour augmenter ce capital.

De plus, le Centre de recherche sur la santé de cette même université vient de publier une étude indiquant que les adolescents qui participent à une activité soutenue ont une tension artérielle plus basse, et donc moins de risque de développer une maladie cardiaque plus tard.

Outre la diminution des facteurs de risque cardio-vasculaire (hypertension, profil lipidique, résistance à l’insuline), l’activité physique augmente l’estime de soi et réduit l’anxiété. Les jeunes actifs à l’adolescence et qui le restent adultes ont un risque de dépression réduit de 51 % chez les femmes et de 65 % pour les hommes.

Dernier argument pour convaincre des ados léthargiques devant leurs écrans et aussi leurs parents : ceux qui bougent obtiennent de meilleurs résultats scolaires.

D’après Pascale Santi, Le Monde, août 2018
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Face à un manager toxique

Un collaborateur qui désire réussir dans son poste et évoluer vers d’autres postes, doit comme on dit, peaufiner son “savoir-être”

Savoir-être signifiant être à l’écoute, chercher à améliorer ses méthodes de travail, apprécier le travail d’équipe, être créatif, être autonome etc. Bref, se comporter intelligemment et en synergie avec ses collègues, ses clients, son manager ou son patron.

On comprend facilement que dans un tel univers paradisiaque, sans perte de temps en conflits inutiles, la productivité du travail puisse s’améliorer. Le problème, c’est qu’en haut de la pyramide, c’est-à-dire du côté des managers, le savoir-être n’est pas toujours là. À moins qu’il ne se définisse tout à fait autrement que pour leurs collaborateurs.

Car dans les entreprises et les administrations, les responsabilités des managers peuvent être tellement stressantes que, s’ils ne sont pas à la hauteur, elles vont stimuler ou aggraver des troubles psychologiques préexistants à leur nomination. Conséquence : les managers dysfonctionnent psychologiquement plus souvent que la moyenne de la population et ont des comportements toxiques et dangereux vis-à-vis de leurs collaborateurs. Les chercheurs (notamment Kets de Vries) ont identifié 4 types de comportements, les plus répandus et les plus toxiques chez les managers.

Le manager narcissique, qui se froisse et se déchaîne à la première critique. Un comportement tout à fait contraire à l’écoute et au travail collaboratif.

Le manager bipolaire, qui souffre de sautes d’humeur répétées et de grande ampleur. En phase dépressive, il peut se mettre à tout vouloir contrôler, à perdre confiance dans ses collaborateurs, tant il redoute que la situation ne tourne à la catastrophe.

Le manager psychopathe qui, par nature, est incapable d’empathie. Manipulateur, il ne se soucie des autres, que si cela peut servir ses intérêts personnels.

Le manager obsessionnel compulsif, souvent extrêmement perfectionniste. Il inhibe son entourage, qui n’ose plus rien entreprendre et qui redoute d’apporter des idées neuves, par crainte de se tromper ou de mal faire.

On comprend alors que le fameux savoir-être d’un collaborateur consiste non seulement à adapter son comportement à son entourage professionnel, mais surtout à supporter, voire à compenser, celui de son manager, dont visiblement le savoir-être n’est pas exigé. Fort heureusement, les chercheurs nous disent comment.

Flatter un manager narcissique et si la critique est vraiment nécessaire, faire en sorte qu’elle émane de l’équipe tout entière, ou mieux, d’un équivalent hiérarchique du manager, ce que l’on appelle “un pair” du manager.

Inciter un manager bipolaire à déléguer au maximum (ce qui est plus facile à dire qu’à faire)

Être très vigilant avec un manager psychopathe, qui va promettre qu’il a compris la critique et qu’il va modifier son comportement en conséquence… ce qui ne sera le plus souvent qu’une manipulation de plus.

Faire comprendre à un manager obsessionnel compulsif que le mieux est l’ennemi du bien. Ce qui souvent soulage son entourage et lui aussi. Des quatre types de comportement toxiques, celui-ci semble le plus facile à gérer.

Mieux vaut suivre ces conseils, car ces dysfonctionnements sont contagieux. Des équipes et des services entiers, et parfois l’entreprise toute entière, internalisent ces dysfonctionnements qui deviennent alors normaux. Les collaborateurs  se retrouvent progressivement contaminés et tous les efforts et l’argent investis pour recruter des collaborateurs “sachant être” sont réduits à néant.

Conseil personnel après plus de 25 ans de conseil en entreprise : Face à un manager toxique, le mieux est de fuir le plus tôt possible en changeant de service ou d’entreprise, car vous risquez d’être contaminé(e) et de vous épuiser jusqu’au burn-out. Car les entreprises recrutent le plus souvent à l’image de leurs patrons…

Reste un mystère : Comment des personnes susceptibles de développer de telles pathologies dans les équipes, peuvent-elles être nommées à des postes d’encadrement ? Et à quoi donc servent les DRH ? “Y a quelque chose qui cloche là-dedans. J’y retourne immédiatement ” aurait dit Boris Vian…

D’après Kets de Vries “Combat contre irrationalité des managers” et Annie Kahn, Le Monde 2018. 

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Les fabuleux bienfaits de la marche

La marche n’est pas seulement un moyen de déplacement, mais une activité physique à part entière aux vertus aussi diverses qu’inattendues. Nul besoin de payer un abonnement à une salle de sport pour cajoler sa santé : La marche est un fabuleux moyen de prévention pour de nombreuses affections.

Les bienfaits de la marche sont nombreux et souvent méconnus. Marcher quotidiennement pourrait être un médicament formidable et la meilleure des préventions. « La marche est le meilleur remède pour l’homme », disait Hippocrate.

Une étude a montré que réaliser 30 à 60 minutes de marche quotidiennement pouvait entraîner une perte de poids significative, et par ailleurs, le risque d’obésité se verrait divisé par deux dès lors que l’on marcherait une heure par jour.

Les muscles sont les premiers bénéficiaires de cette activité physique, sans oublier les articulations et les os du squelette. En effet, la pratique de 4 heures de marche par semaine réduirait le risque de fracture de la hanche de 43 %. Les os sont des structures vivantes qui réagissent aux contraintes qu’ils subissent et se renforcent d’autant plus qu’ils sont sollicités. Les articulations ne sont pas en reste, et le cartilage articulaire, comme les os du squelette, se renforce dès lors qu’il est soumis à des contraintes.

Les personnes souffrant d’arthrose sont conviés à réaliser de l’activité physique, une étude ayant démontré que cela avait de réels effets anti-inflammatoires. La marche est une fantastique indication d’activité physique pour celles et ceux qui souffrent d’arthrose, quelle qu’en soit sa localisation.

Outre l’appareil locomoteur, la marche est le partenaire santé privilégié du cerveau. Seulement deux heures de marche par semaine auraient pour effet de diminuer le risque d’AVC de 30 %. La mémoire n’est pas en reste, marcher durant 40 minutes trois fois par semaine aurait des effets protecteurs sur les zones du cerveau en charge de la mémorisation. Enfin, les symptômes de la dépression se verraient réduits de 36 % avec la simple réalisation de 30 minutes de marche quotidienne.

La liste des bénéfices de la marche sur le cerveau est longue, de la prévention de la démence à la réduction du risque de développer la maladie d’Alzheimer, mais la marche est aussi et avant tout un moyen de lutte contre le stress sans pareil. “La marche dompte la bête” dit l’écrivain marcheur Sylvain Tesson.

Les organes aussi voient leur fonctionnement amélioré par la pratique de la marche. Ainsi, une étude a montré que le pancréas, dont la défaillance est à l’origine du diabète, verrait son fonctionnement amélioré par la marche, ce qui aurait pour conséquence d’augmenter la tolérance au glucose : La réalisation de 3.500 pas par jour diminuerait le risque de diabète de 29 %.

Du côté du cœur, le risque de développer une maladie cardio-vasculaire diminuerait drastiquement dès la réalisation de 30 minutes de marche quotidienne. La pression artérielle diminuerait, ainsi que le taux de cholestérol, et l’ensemble de la fonction cardio-vasculaire s’en trouverait amélioré.

La fonction digestive se trouverait également améliorée par la marche et le risque de développer un cancer du côlon diminuerait dès 30 minutes d’efforts quotidiens.

La marche rapide au grand air, plus alerte et plus vigoureuse, où l’on accentue les mouvements des hanches, des épaules et des bras, est encore plus intéressante : 3 heures de marche rapide par semaine permettraient de réduire de plus de la moitié le risque de progression du cancer de la prostate, selon des chercheurs américains. Cette marche aurait pour effet de réduire l’inflammation et de contrer la résistance à l’insuline, deux phénomènes qui contribuent à la progression du cancer.

2.400 après sa mort, la science a confirmé la conviction d’Hippocrate. La marche est un fabuleux médicament, la meilleure des préventions et ses bénéfices sont innombrables. La vie de ceux qui la pratiquent s’en trouve grandement améliorée, leur espérance de vie aussi : 75 minutes de marche hebdomadaire allongeraient l’espérance de vie de 2 ans. Et marcher est avant tout une affaire d’éducation. Les enfants et les ados n’en sont pas exemptés, bien au contraire, et ils y prendront goût pour le restant de leur vie.

D’après Stéphane Demorand, kinésithérapeute – Le Point février 2019.

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L’œuf, l’aliment miracle !

Les protéines de l’œuf (dans le blanc et le jaune) ont la caractéristique étonnante de rassembler dans des proportions idéales, les 9 acides aminés essentiels à l’entretien des muscles, des os, de la peau et de tous les organes, ainsi qu’au bon équilibre hormonal.

Les œufs sont aussi d’excellentes sources de vitamine A, B2, B5, B9 (folates) et B12, de sélénium, de calcium et de zinc. En outre, le jaune d’œuf renferme une substance précieuse qui améliore le fonctionnement du cerveau : la choline dont 90 % des gens manquent.

Encore plus fort : Certains micronutriments contenus dans les œufs (lutéine et zeaxanthine) sont une excellente protection contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge. L’ex-doyenne de l’humanité, l’Italienne Emma Morano (116 ans), savait sans doute ce que les œufs pouvaient lui apporter, elle qui en consommait trois par jour depuis l’âge de vingt ans.

La superstition du cholestérol

Manger 3 œufs par jour n’augmente pas d’un pouce le cholestérol sanguin dans la grande majorité des cas, car le cholestérol est régulé par le foie. Lorsque nous en consommons beaucoup, le foie réduit sa propre production de cholestérol. À l’inverse, lorsque nous n’avons pas assez de cholestérol dans notre alimentation, notre foie en produit davantage, ce qui prouve bien que le cholestérol est indispensable à notre organisme.

Et pour les quelques personnes qui voient leur cholestérol sanguin augmenter en mangeant des œufs, cette hausse est équilibrée entre le bon cholestérol (HDL) et le mauvais cholestérol (LDL).

Voilà pourquoi les autorités de santé américaine ont modifié leurs recommandations. Après avoir conseillé pendant des années de limiter les aliments riches en cholestérol (comme les œufs), elles ont reconnu qu’il était inutile de se restreindre.

L’aliment parfait au petit-déjeuner

Le matin, les œufs apportent les protéines nécessaires pour fabriquer la dopamine, un neuromédiateur qui donne l’entrain et la motivation pour bien commencer la journée.

Prendre deux œufs tous les matins au petit-déjeuner permet de tenir sans problème jusqu’au soir sans avoir faim, car les œufs sont incroyablement nourrissants. Et remplacer le pain par des œufs au petit déjeuner permet, en même temps, de perdre du poids.

Ne pas trop les cuire

Le blanc de l’œuf doit être coagulé, non liquide. Le jaune doit rester liquide car les fabuleux nutriments qu’il contient risquent d’être détruits par une cuisson excessive. Même chose pour les excellentes graisses contenues dans les œufs (cholestérol, oméga-3) qui sont fragiles et peuvent s’oxyder à la chaleur.

La meilleure manière de manger vos œufs est donc de les faire à la coque, cuits à faible température (80 °C) pendant 4 ou 5 minutes.

Choisir des œufs bio

Ce que l’on donne à manger aux poules impacte directement la qualité des acides gras contenus dans les œufs. Dans les élevages intensifs, on nourrit les poules avec des tourteaux de maïs ou de soja, riches en oméga-6. Résultat : les œufs sont eux-mêmes remplis d’omega-6 et d’acides gras néfastes pour le cœur.

Au contraire, les éleveurs qui donnent à leurs poules des graines de lin ou de lupin enrichissent les œufs en omega-3, qui sont excellents pour éloigner les maladies cardio-vasculaires et réduire l’inflammation. Voilà pourquoi il faut toujours choisir ses œufs bio ou certifiés Bleu-Blanc-Cœur, un label qui garantit que les poules ont eu une alimentation enrichie en graines de lin.

Pouvoir les tolérer

Une seule réserve : L’œuf de poule est la source la plus fréquente d’intolérances alimentaires sévères, juste devant le lait de vache et le gluten. C’est l’ovalbumine, une protéine du blanc d’œuf qui est le plus souvent responsable de ces intolérances. Et il est possible d’être intolérant aux œufs et de n’avoir des symptômes (migraines, problèmes digestifs etc.) que trois jours après en avoir mangé…

D’après Xavier Bazin, Santé Corps Esprit, janvier 2019

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Ma séance de sophrologie

La sophro comme disent les pratiquants, est destinée à ceux qui ont du mal à lâcher prise, qui sont constamment dans l’action, le cerveau en ébullition, le portable toujours à l’oreille avec les problèmes de stress, de sommeil, de difficultés relationnelles, voire de risque de burn-out.

Les plus expérimentés le font debout en quelques minutes au réveil, mais on peut pratiquer partout, chez soi, au bureau et à toute heure, même couché avant de s’endormir. Voici ma séance de sophrologie.

Assis sur une chaise, yeux fermés, mains sur les genoux,  je prends conscience de la forme de mon corps en train de se relâcher, de se détendre. Avec ma respiration calme et tranquille, j’accueille les sensations de bien-être. Je me concentre sur mon visage, détendu, mon cou, mes épaules. Mes bras, mes mains, jusqu’au bout des doigts, se relâchent. Je sens la peau de mon visage se détendre.

J’accueille toutes les sensations de bien-être et je me concentre sur l’énergie, cette force à l’intérieur de mon corps. Je dépose tout ce qui m’ennuie à l’extérieur. J’ai l’impression de m’affaisser sur ma chaise, je bâille, j’ai envie de dormir. Je vais, comme j’ai l’habitude de le faire maintenant, libérer le négatif, libérer les tensions, tout ce qui me dérange dans ma vie. Je vais souffler pour vider mes poumons, puis inspirer et retenir l’air.

Je contracte tout ce que je peux contracter : mes cuisses, mes pectoraux, mes poings, mes paupières et retiens mon souffle, longtemps, très longtemps. Puis je souffle, comme si je devais éteindre un gâteau avec 200 bougies. Je répète ce “sophro-déplacement du négatif” deux fois en portant mes mains sur mon front puis mon ventre.

Je relâche tous les muscles. Je suis juste à l’écoute de mon silence intérieur et d’une musique planante (celle de mon smartphone) ; Avec toute mon énergie, je me concentre sur ici et maintenant. Si des bruits extérieurs ou des pensées viennent polluer mon mental, je souffle et je les laisse passer comme un nuage passe dans le ciel.

J’inspire et à l’expir, je diffuse cette énergie au niveau de mon cerveau. J’inspire encore et j’envoie cette énergie au niveau de mes cordes vocales, de mon cou, de mes épaules, de mes bras, de mon cœur, de mes poumons… Avec ma respiration calme et tranquille, j’envoie cette énergie réparatrice afin d’harmoniser mes organes et de permettre à mes cellules de fonctionner en toute quiétude, libérées des tensions. J’essaie de percevoir les sensations de chaleur, de bien-être, de lumière. J’ai l’impression que mon corps bat comme les ailes d’un oiseau au rythme de mon cœur.

Je laisse venir les images, j’accueille tous les phénomènes qui émergent de cette relation entre mon corps et mon esprit. Sur l’écran de mes yeux fermés défilent les séquences d’un film étrange : des formes psychédéliques se succèdent, je progresse dans une espèce de grotte à la vitesse de la musique puis des plantes, des feuilles poussent un peu partout. Le vert domine.

Tranquillement, je vais essayer d’évoquer mes capacités, ma force intérieure, comme si un médecin intérieur se réveillait et se mettait en action. Sans oublier surtout d’exprimer à mon corps et à mon esprit que je sais d’où viennent mes petits problèmes et qu’ils n’ont plus besoin de se manifester car j’ai compris ce que je devais faire.

Puis je ferai deux ou trois respirations profondes pour revenir ici et maintenant. Je prends tout mon temps. Et, comme j’ai l’habitude de le faire, je peux tout doucement commencer à bouger les pieds, bâiller, m’étirer et seulement lorsque je serai prêt, je pourrai ouvrir les yeux. Je peux également, si je fais cette séance en soirée, décider de m’endormir.

“La sophro a changé ma vie” dit Yannick Noah le plus zen des tennismen. Mais avant de réussir coups droits et revers, il s’est beaucoup entraîné. En sophro, c’est pareil…

D’après Stéphane Mandard, Le Monde 2013.
Académie internationale de sophrologie caycédienne, sofrocay.com

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Parents, profs, patrons, managers : mêmes combats !

Les nouveaux styles de management, moins autoritaires et plus collaboratifs, avec l’essor du numérique qui favorise le travail en réseau au détriment de la hiérarchie, font converger les  principes familiaux et managériaux.

La sphère familiale, parce qu’on y pratique intensément les relations, est un terrain privilégié pour exercer et développer des compétences qui vont être de plus en plus appréciées dans le monde professionnel, privé et public.

Être un bon leader requiert les mêmes qualités que pour être un bon parent, précise un expert en leadership, auteur de Leaders Eat Last (Les chefs mangent en dernier) non traduit en français, mais dont l’auteur fait un tabac grâce à ses conférences TED, visionnées plus d’un million de fois.

Son propos n’est pas un éloge du paternalisme, au contraire. Il part d’un constat : Un bon parent doit être à la fois exigeant vis-à-vis de ses enfants pour les rassurer en leur donnant un cadre clair, et encourageant pour les stimuler. Mais s’il est encourageant, sans être exigeant, ou exigeant sans les encourager, il est tour à tour trop permissif, ou trop autoritaire, et cela ne marche pas. Et pire encore, s’il n’est ni l’un ni l’autre.

Par exemple, beaucoup de professeurs pensent qu’il suffit d’être bon pédagogue pour bien enseigner. Mais pédagogie et fermeté vont toujours de pair, d’où beaucoup de désillusions et d’échecs, notamment dans les lycées dits “difficiles”

Et en entreprise c’est exactement la même chose. Pourquoi y a t-il aussi peu de très bons managers ? Parce que, si encourager exige une forme de générosité, être ferme exige des convictions, les deux étant rarement réunis.

Créer son entreprise, c’est sympathique, mais en devenir le dirigeant, mettre les intérêts de ses collaborateurs avant les siens propres, c’est un choix. Et c’est nécessaire, ajoute cet expert. Parce que ” si vous attendez de vos équipes qu’elles travaillent vraiment bien ensemble et fassent le boulot, elles doivent savoir que vous vous sacrifieriez pour elles ”

Sous-entendu, comme un père ou une mère pour leurs enfants. Celui ou celle qui aura pratiqué ces principes en famille sera expérimenté pour les déployer en entreprise. Et aura toutes les chances d’être un bon manager, encourageant et ferme.

Et l’âge des collaborateurs ne change rien à l’affaire. Encouragement et fermeté sont de puissants leviers de motivation quand ils sont utilisés avec sincérité, tant vis-à-vis des enfants (et aussi des petits-enfants) que des adultes.

Conséquence : L’entreprise doit mettre fin à toute méfiance vis-à-vis de la vie familiale de ses collaborateurs. Elle doit au contraire, considérer celle-ci avec enthousiasme, car elle en tirera profit, tôt ou tard…

Parents (et grands-parents), profs, patrons, managers : mêmes combats !

Bonne année 2019 ! 

D’après Annie Kahn, Le Monde, janv 2017

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