Ces aliments ennemis du sommeil

Les aliments ennemis du sommeil sont trop stimulants ou trop difficiles à digérer après le dîner :

Les aliments trop gras qui demandent beaucoup d’énergie et de temps pour être digérés pendant le sommeil : Saucisson, pâté, rillettes, burger, chips, pizzas, crème fraîche, beurre…

 Le fromage : Le fromage, quel qu’il soit, est un aliment gras. Si vraiment vous ne pouvez pas vous en passer au dîner, optez pour le parmesan, les fromages suisses ou la mozzarella.

La viande rouge : Ses protéines fortes sont longues à digérer. Une entrecôte le soir risque de perturber l’endormissement et de provoquer des réveils nocturnes. D’une manière générale, il faut limiter les protéines fortes le soir (viandes, œufs, poissons) et préférer les protéines légères comme la viande blanche (poulet, dinde) ou le yaourt.

Les noix : Les noix contiennent beaucoup de matières grasses. Elles devraient donc être évitées avant le coucher. Notamment les noix de cajou, de macadamia et les arachides.

Les aliments trop riches en sucre : les gâteaux, biscuits, cakes, céréales sucrées, crèmes glacées… contiennent beaucoup de sucre et de protéines qui stimulent le cerveau et peuvent garder le corps éveillé durant des heures.

Certains légumes : Les brocolis, les poireaux, les choux, les pois, les concombres et l’ail sont difficiles à digérer. L’aubergine est le légume ayant la plus forte teneur en nicotine qui est un excitant. La tomate libère de la tyramine un acide aminé qui entraîne la fabrication de noradrénaline. Celle-ci a un impact sur la digestion, augmente l’activité du cerveau et empêche un endormissement facile et rapide. Quant aux salades qui sont des diurétiques naturels, elles pourraient bien vous obliger à vous lever plusieurs fois la nuit.

Les épices trop relevées : cumin, gingembre, paprika, poivre, piment, curry… difficiles à digérer et qui peuvent entraîner des accès de chaleur durant la nuit.

Les légumineuses comme les lentilles, les pois cassés… fermentent dans les intestins et mettent du temps à être digérés. Mieux vaut les déguster au déjeuner.

Le chocolat noir : Ce n’est pas pour le peu de caféine qu’il contient qu’il vaut mieux l’éviter, mais parce qu’il contient des stimulants (tyrosine, théobromine, anandamide) qui activent le cœur et augmentent la fréquence cardiaque. Si l’on ne veut pas être excité avant la nuit, mieux vaut ne pas craquer pour un ou plusieurs carrés de chocolat noir.

La nourriture chinoise et japonaise : Cette nourriture est riche en glutamate de sodium, un acide aminé qui accélère le métabolisme et procure un regain d’énergie. Pas vraiment l’idéal pour passer une nuit de rêve. Le glutamate se retrouve aussi dans les plats  cuisinés industriels, les concentrés, les sauces, les chips, les gâteaux apéritifs.

“Mieux vaut prévenir que guérir” et aucun aliment miracle, ni complément alimentaire, ni somnifère n’est efficace, si l’on invite à dîner un ennemi du sommeil.

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Coronavirus : Meilleur article (à ce jour)

Ce nouveau virus ne tue que des organismes malades ou fragilisés. Les enfants sont manifestement protégés du coronavirus. On ne compte aucun décès parmi les moins de 25 ans, et même les cas d’infections infantiles sont rarissimes. C’est une particularité frappante par rapport aux autres virus de l’hiver, qui frappent généralement les plus jeunes et les plus âgés ceux dont le système immunitaire est immature ou fragilisé”

“Je rappelle que le coronavirus tue principalement par pneumonie, c’est à dire une inflammation des poumons. Or les enfants ont des poumons sains, en pleine santé. Au contraire, les Chinois de la région de Hubei ont toutes les raisons d’avoir des poumons en très mauvais état”

“D’abord parce que la ville de Wuhan est ultra-polluée : 70 microgrammes de particules par mètre cube d’air, contre 15 à 20 dans les villes occidentales les plus polluées. Cela pèse lourdement sur les poumons des Chinois, qui meurent fréquemment d’infections respiratoires de toute nature (le coronavirus n’étant qu’une de ces infections parmi d’autres).

Et puis, facteur aggravant, les Chinois sont de très gros fumeurs. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 52 % des hommes chinois de plus de 15 ans fument régulièrement ! C’est sans doute la raison pour laquelle ce coronavirus infecte et tue beaucoup plus les hommes que les femmes en Chine”

“Au total, tout ceci confirme ce que disait le Dr Béchamp (Pasteur) : « le virus n’est rien, le terrain est tout » ; Ici, le terrain, c’est l’état de vous poumons, et votre état de santé en général. Comme toutes les infections, le coronavirus s’attaque aux organismes fragilisés  soit par la pollution, soit par la cigarette, soit par d’autres maladies, comme le diabète ou l’hypertension. Si vous êtes non-fumeur, en bonne santé, et que vous n’êtes pas né dans une région ultra-polluée comme Wuhan, vous n’avez rien à craindre du coronavirus”

“La preuve avec ce qui s’est passé sur le Diamond Princess. Une mortalité très faible sur le bateau de croisière en quarantaine : 3 personnes de plus de 80 ans sont mortes, dont au moins 2 avaient d’autres pathologies. Cela donne un taux de mortalité assez bas, comparable à celui de la grippe saisonnière”

“Il est probable (Pr Raoult) que le virus s’est échappé d’un laboratoire, donc que les autorités chinoises sont en partie responsables de ces milliers de morts. Même les scientifiques chinois reconnaissent maintenant que l’épidémie n’est pas née dans le fameux marché humide ou marché aux poissons de Wuhan où l’on ne vend ni chauve-souris, ni pangolin”

“L’hypothèse la plus probable est que ce nouveau coronavirus a été récolté sur une chauve-souris, au fin fond d’une grotte d’où il n’aurait jamais dû sortir puis rapporté au laboratoire pour être étudié et de là, il a contaminé un chercheur, qui l’a ensuite transmis à la population. Il faut savoir que les chauve-souris chinoises sont porteuses de plus de 400 types de coronavirus… et contrairement à ce qu’on pensait, elles peuvent contaminer des êtres humains sans animal intermédiaire”

“Or les chercheurs chinois ont cru malin de recenser tous ces virus risqués, à Wuhan, sans les précautions sanitaires extrêmes que cela exige ! Un reportage officiel du régime chinois datant de décembre 2019 fait froid dans le dos : on y voit des employés du centre de virologie chinoise de Wuhan en train de collecter des coronavirus sur des chauve-souris sans équipement 100 % protecteur : on distingue de la peau nue sur le visage et les poignets des chercheurs, et certains ne portent ni lunettes, ni masque”

“Pour vous donner une idée de la négligence sanitaire dans ce pays, sachez que des chercheurs chinois ont été condamnés en Justice pour avoir vendu, dans des marchés de rue, les animaux sur lesquels ils avaient fait des expérimentations… juste pour se faire de l’argent de poche. Bref, il y a de bonnes chances que le virus soit parfaitement naturel mais que l’épidémie a été causée par un accident de laboratoire

Lettre Santé Corps Esprit, Xavier Bazin
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Pourquoi les conflits sociaux seront de plus en plus violents

Dans une société de l’urgence où la pulsion emporte tout : Nous vivons dans une société de l’urgence comme disent les psychologues qui réclame de l’immédiateté et où l’instinct et la pulsion emportent tout. À défaut, elle a recours et quelle que soit la condition sociale, à des palliatifs qui procurent rapidité et intensité : vote extrémiste, hyperconsommation, fréquentation abusive des réseaux sociaux, drogue, dépendance à l’alcool, violence…

Tout, tout de suite !” semblent dire les GJ (gilets jaunes), dont la vie ressemble à une longue attente : Attente des trains, des fins de mois, d’une réponse de l’administration, d’un entretien d’embauche, d’être relié à la fibre optique, du remboursement de la CAF…

La maîtrise des horloges, voilà l’enjeu. C’est la grande leçon de cette décennie, qui a vu émerger à la fois Facebook et des leaders populistes, les chaînes d’information en continu et un mode de consommation estampillé Amazon. C’est la défaite du temps long, du compromis, du dialogue, de la délibération.

Les populistes, eux, ont compris la nécessité de réduire l’échelle du temps, quitte à bousculer les institutions et les procédures démocratiques de leurs pays. C’est Trump qui, à la Maison-Blanche, met en scène la signature de décrets avec exécution immédiate. Et il sera toujours plus simple de juger à l’œil nu l’effet d’une frontière physique que l’efficacité d’un accord sur le dialogue social dans les TPE.

Quand l’accélération de la mondialisation désoriente : Sous le mandat de Nicolas Sarkozy, le psychanalyste Jacques-Alain Miller avait expliqué la défiance de nombreux Français envers le président de la République par l’absence d’un pèrepater” à la tête de l’Etat. L’analyse vaut pour Macron, qui, comme hier Sarkozy, chercherait plus, par ses mots et son attitude, à épater (littéralement, sortir du père) qu’à rassurer un peuple désorienté par l’accélération de la mondialisation.

Quand les obsessions identitaires radicalisent : Il y a un phénomène global de radicalisation de la jeunesse à relier aux revendications identitaires partout dans le monde. Ces revendications renvoient chacun à son origine ou à sa religion et recèlent la hantise d’être menacé dans son être, d’où le recours à la haine de l’autre qui donne le sentiment d’offrir un bouclier de protection.

Même dans des pays puissants et en paix, on voit se répandre ce phénomène. La mondialisation a engendré une homogénéisation qui a mis à mal les représentations de soi-même. Avant les traditions essayaient de donner des limites, en rassurant. Cela a éclaté.

Mais il existe d’autres formes de radicalisation actuelles ou à venir. Quand vous voyez que même des végans, en principe contre la violence, deviennent des casseurs, je ne serais pas étonné qu’un jour ils aillent plus loin. Et les délires identitaires (ce que l’on appelle l’essentialisme) ne cessent de croître avec les bricoleurs de l’identité : décoloniaux, antiracistes racistes, suprémacistes…

Quand l’offre de radicalisation libère : “J’aime la haine car elle me rend plus fort” dit une jeune radicalisé. Pourquoi ? Parce que quelqu’un qui fait peur impressionne ses semblables, il se fait craindre. Or, souvent, ces jeunes se détestent eux-mêmes au départ, la rencontre avec l’offre de radicalisation leur permet de détourner la haine contre les autres. Ils découvrent alors qu’ils sont pris en considération, et obtiennent le respect, par la terreur.

Quand Internet attise les pulsions : Internet donne à quiconque un espace qui le détache de ses contenances traditionnelles, une sorte d’habitacle, où il est à la fois émetteur et récepteur de nouvelles et de vérités, sans limites. Cela attise tous les phénomènes d’agression et de haine, parce qu’il y a une libération des contraintes.

Nous avons aujourd’hui une vie familiale, professionnelle, mais aussi cybernétique, et dans cette vie-là, beaucoup de gens se conduisent comme des petits terroristes ordinaires en lançant des bombes d’injures, de menaces, d’incriminations. Chacun fabrique ses “news ” et sa vérité du moment qu’il communique à son réseau.

Cela a des incidences par exemple sur les violences de bandes que l’on constate aujourd’hui. Internet n’est pas qu’un puissant moyen de diffusion, il permet à chacun de créer une sorte de bureau des légendes personnel.

Préparons-nous à des conflits sociaux qui promettent d’être toujours plus violents.

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Vélo, l’ami santé !

À condition de doser ses efforts et de les adapter à sa forme du moment, en tenant compte du terrain et de la météo, le vélo est un trésor de bienfaits, qu’il soit pratiqué sur route (y compris avec une assistance électrique qui n’altère pas ses bienfaits), en tout-terrain, à domicile, en piscine…

Les seules contre-indications s’appliquent à ceux qui souffrent de troubles de l’équilibre et de problèmes cardiaques graves. Même les greffés du cœur et les victimes d’un infarctus du myocarde peuvent l’intégrer dans leur rééducation.

Un bien-être psychologique : Comme toute activité physique, elle provoque la production d’endorphines (morphine cérébrale) aux effets euphorisants et calmants, d’où un sentiment de bien-être et une résistance accrue à la douleur et à la dépression. Sans compter une saine fatigue à l’origine d’un bon sommeil.

Des os et des muscles robustes : Le cyclisme contribue à renforcer la solidité du squelette. Ce sport étant porté, il peut facilement être pratiqué par les personnes souffrant des hanches, des genoux ou des chevilles, que ce soit en raison d’une arthrose ou après un accident. Les muscles concernés par le pédalage sont avant tout ceux responsables de l’extension et de la flexion des cuisses.

Grands gagnants : le cœur, les vaisseaux et les poumons. Très sollicitée, la pompe cardiaque se muscle, gagne en endurance et augmente sa puissance de contraction. Pratiqué régulièrement, le vélo fait baisser la tension artérielle et le taux de cholestérol. Il combat le symptôme des jambes lourdes en augmentant le retour veineux. Enfin, il améliore les capacités respiratoires.

Un poids et une ligne maîtrisés : Pédaler une heure par jour aide à rester mince. Quant aux personnes en surpoids, elles ont tout intérêt à s’adonner à ce sport porté qui ménage les articulations des membres inférieurs.

Un système immunitaire dopé : Selon une étude scientifique publiée en 2018, les cyclistes ayant fait du vélo une grande partie de leur vie et le pratiquant encore deux heures et demie par semaine ont plus de lymphocytes T que les autres et autant que les jeunes. Grâce quoi leur corps résiste mieux aux infections, aux maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde.

Et la petite reine diminue aussi significativement l’incidence et la mortalité des cancers (notamment côlon et sein), contribue à prévenir le diabète, à lutter contre l’excès pondéral.

Ne pas oublier les risques : Le premier risque, c’est la chute. Si le port d’un casque n’est obligatoire que jusqu’à 12 ans, il est vivement conseillé pour tous. Quant aux fractures, elles touchent surtout le poignet et la main, voire la clavicule. La règle absolue est donc de toujours maîtriser sa vitesse en forêt et sur route, notamment dans les tournants à gauche.

Il faut aussi veiller à bien ajuster la hauteur de la selle et du guidon pour éviter les douleurs et les tendinites. Chez les hommes, la compression de la prostate peut être allégée en se plaçant légèrement en arrière de la selle ou en s’équipant d’une selle adaptée. Enfin, contrairement à ce qui a été longtemps affirmé, le vélo n’a aucun effet néfaste sur la sexualité des hommes et des femmes, ni sur leur libido.

D’après Anne Jeanblanc, Le Point août 2019
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Se sentir mal dans une France qui va bien, une déprime bien française

Le démographe Hervé Le Bras* s’interroge : comment les Français peuvent-ils, la même année se déclarer en quasi-totalité (94 %) heureux de leur sort, selon un sondage Euro baromètre de mars 2018 et, six mois plus tard, applaudir les “gilets jaunes” qui occupent les ronds-points et saccagent les Champs Elysées, en jetant leur souffrance à la face de tous les nantis.

C’est pour répondre à cette question que l’amoureux des cartes et des statistiques, a mené une enquête fouillée sur ce qui ressemble à une grande dépression nerveuse collective.

Ne croyant ni dans les médias, ni dans les élites, ni dans les politiques ou les syndicats, les Français n’accordent plus leur confiance qu’à la police, l’armée et l’administration publique. D’où vient ce pessimisme indécrottable ?

Un à un, le scientifique passe en revue les suspects habituels. D’abords les inégalités et la pauvreté. Mais les inégalités sont parmi les plus faibles en Europe et depuis un siècle, la pauvreté a nettement reculé. En 1970, 13 % des gens disposaient d’un revenu inférieur de 50 % au salaire médian. Ils sont 8 % aujourd’hui.

Peut-être, alors est-ce la santé ? Mais l’espérance de vie et la proportion de médecins sont plutôt favorables en France, par rapport à nos voisins. Même constat comparatif sur la famille, le logement ou la sécurité. II n’y a pas beaucoup plus d’homicides ni moins de juges ou de policiers qu’ailleurs sur le Vieux Contient (hormis les pays de l’Est).

Le démographe évacue aussi le chômage et l’immigration dont il n’a pas été question durant l’épisode des “gilets jaunes”

Reste alors trois suspects : D’abord, la désertification d’une certaine France, celle qui se dépeuple, des Ardennes au Massif central. Mais aussi, et surtout, un changement sociologique majeur, avec l’explosion du nombre de diplômés qui dépasse l’offre d’emplois correspondante et pousse naturellement à l’immobilité sociale et à la frustration. Et, enfin, l’injustice criante des inégalités hommes-femmes devant le travail.

Résultat, des Français qui se sentent en échec sans raison objective. Parce qu’ils ont le sentiment que l’avenir ne leur appartient plus.

Bonne année 2020 !

* Se sentir mal dans une France qui va bien – Le Monde, déc. 2019.
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Sagesse du vin rouge

L’alcool qui est bu arrive dans l’estomac et une partie passe immédiatement dans le sang. Il va alors être dirigé via les vaisseaux sanguins vers le foie, le cerveau et le pancréas où il va commencer à se transformer en acétaldéhyde, une molécule cancérigène et toxique pour le foie.

Le foie a besoin d’environ une heure pour éliminer une unité d’alcool (10g), mais quand la quantité d’alcool est trop importante, le foie a besoin de plus de temps pour l’éliminer. Une partie de l’acétaldéhyde reste dans le sang et les tissus (dont le cerveau), avant de pouvoir être éliminée.

Et cela va contribuer au développement des radicaux libres et des molécules qui sont impliquées dans de nombreuses maladies : cancers, maladies dégénératives comme la maladie d’Alzheimer, maladies cardio-vasculaires…

L’alcool en excès est notamment associé à une hausse du risque de cancers de l’œsophage, du foie, du sein, du larynx, ou encore colorectaux. La consommation d’alcool augmente aussi le risque de maladies cardiovasculaires, de cirrhose et de troubles cognitifs à long terme (perte de mémoire, difficultés d’attention…)

Le risque lié à la consommation d’alcool est bien entendu variable d’une personne à l’autre car il dépend de facteurs comme la prédisposition génétique et l’alimentation.

Le vin rouge : un puissant anti oxydant

Le vin rouge lui, contient du resvératrol, un puissant antioxydant de la famille des polyphénols présent dans la peau et les pépins de raisin et que l’on retrouve dans les tanins. Les antioxydants vont permettre de protéger les cellules des radicaux libres. Les vins rouges jeunes et tanniques et particulièrement le cépage pinot noir, sont les plus intéressants car ce sont ceux qui contiennent le plus de resvératrol.

Le vin blanc ne présente aucun bénéfice puisque la peau et les pépins étant enlevés au début du processus de fabrication, il ne contient pas de tanins. Quant à la bière, elle contient aussi des antioxydants mais elle est plus riche en sucre.

Le vin rouge diminue le risque d‘accidents vasculaires cérébraux de manière significative. Cette protection est avérée pour une consommation qui ne dépasse pas une bouteille par jour par personne, l’effet maximal se situant entre deux et trois verres de vin par jour. De façon générale, une consommation modérée de vin rouge allonge l’espérance de vie d’une manière très significative.

Louis Pasteur, dont les premiers travaux ont porté sur la fermentation des boissons alcoolisées, disait que le vin était la plus saine des boissons.

Et les sulfites ?

Le vin contient naturellement des sulfites produits lors du processus de fabrication. Mais, d’autres sulfites sont généralement ajoutés afin de servir de conservateurs. Ces composés à base de soufre peuvent provoquer des réactions d’intolérance voire des réactions allergiques : plaques cutanées, dermatites urticaires, asthme, conjonctivites, migraines, etc. Beaucoup d’entre-nous y sont sensibles.

Les teneurs résiduelles de sulfites dans le vin sont très variables en fonction de la nature et de la qualité des vins, les vins liquoreux étant les plus riches en sulfites. Malheureusement, aucune réglementation n’impose d’afficher la teneur en sulfites et il n’est donc pas possible de connaître la quantité exacte de sulfites contenus dans un vin.

Un verre de 20cl de vin rouge conventionnel peut ainsi contenir jusqu’à 32 mg de sulfites, soit 70% de la dose journalière admissible pour une personne de 65 kss. On peut donc très rapidement se retrouver exposé à des quantités très importantes de sulfites, dépassant largement les doses recommandées.

En pratique :

  • Si vous ne pouvez pas vous passer d’alcool fort (whisky, vodka…), prenez-le plutôt pendant les repas plutôt qu’en dehors. Car l’alcool est alors dilué avec l’alimentation et permet ainsi une diffusion plus lente de l’acétaldéhyde, ce qui favorise sa tolérance.
  • Préférez le vin rouge jeune et tannique et surtout le pinot noir.
  • Si possible, optez pour du vin bio issu de la biodynamie qui porte une attention particulière à la qualité du sol et à l’échange entre la terre et la plante. Ce vin est moins contaminé en pesticides et moins riche en sulfites.
  • Et si comme moi vous aimez bien le vin rouge, n’hésitez pas à mettre un petit glaçon dans votre verre. Cela rafraîchira votre vin qui est souvent servi trop chaud et diminuera sa teneur en alcool. Et tant pis pour les puristes !

Bonnes fêtes !

D’après Yuka avec le nutritionniste Anthony Berthou, Didier Raoult, 
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Quand L’Occitane accélère sa croissance avec “l’excubation”

C‘était en 2016. L’Occitane cherchait à développer un nouveau canal de distribution, celui de la vente directe, à la manière de Tupperware, Amway ou Thermomix. Mais Reinold Geiger le PDG de L’Occitane, voulait que le temps de mise sur le marché et l’internationalisation du projet soient aussi courts que possible.

Pour atteindre ces objectifs, le groupe s’est tourné vers une société de conseil et d’investissement Fast-Up Partners qui propose une prestation “d’excubation” : il s’agit de créer une start-up qui a vocation à être intégrée, une fois sur les rails.

Le groupe et Fast-Up ont créé une coentreprise dans laquelle L’Occitane est majoritaire, Fast-Up prenant la responsabilité opérationnelle. Ce type d’association a deux grandes vertus : avoir des intérêts communs dans la réussite de l’opération et avoir des partenaires opérationnels et non de simples exécutants.

C’est aux États-Unis qu’a été dénichée la perle rare, LimeLight, une PME familiale américaine qui emploie une trentaine de salariés. La marque, créée en 1952, était d’abord destinée aux maquilleurs professionnels du monde du spectacle et du cinéma. Ses deux dirigeantes opérationnelles avaient décidé de proposer en vente directe les produits de maquillage et de soin à un large public. En mai 2017, L’Occitane entre au capital de la société rebaptisée LimeLife By Alcone.

Les deux cofondatrices ont conservé la direction de l’ensemble de la marque, l’équipe américaine déjà en place poursuit la croissance aux États-Unis, tandis que la dizaine de collaborateurs de l’équipe Fast-Up Partners s’est focalisée sur l’internationalisation. Elle a choisi les pays cibles et organisé le lancement dans chacun d’eux : création des sociétés, recrutement des équipes (trois collaboratrices par pays), constitution des réseaux de vendeuses auto entrepreneuses, définition de la stratégie… De mars à octobre 2018, Fast-Up a ainsi lance LimeLife dans cinq pays : Brésil, Canada, France, Italie et Royaume-Uni.

En juin 2018, l’internationalisation était en bonne voie et à la fin de 2018, Fast-Up s’est désengagé, revendant ses actions au groupe de cosmétiques. LimeLife est devenu la deuxième “business unit” de L’Occitane. La société se développe comme une entité autonome, dirigée par ses deux cofondatrices. L’Occitane lui donne les moyens d’un développement plus rapide et d’un déploiement mondial. C’est gagnant-gagnant.

D’après Christine Piédalu, Le Figaro entrepreneur, nov. 2019
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Très vieille France

Ce n’est certes pas une statistique de nature à remonter un moral que le passage à l’heure d’hiver a déjà tendance à plomber, mais elle a le mérite de fournir de la matière aux deux grands débats qui agitent en ce moment le pays : l’immigration et les retraites.

Selon l’Insee, 596.552 décès ont été recensés l’année dernière en France métropolitaine, soit le nombre le plus élevé depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Non seulement on meurt de plus en plus en France, mais on y naît aussi de moins en moins : 719.737 bébés sont nés en métropole en 2018, soit 82.487 de moins qu’en 2010. À l’exception des années 1993 et 1994, jamais les Français n’avaient aussi peu procréé, depuis 1946.

Conséquence : la différence entre les nombres de naissances et de décès, s’est établi à 123.185 en 2018, soit son plus bas niveau depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Tout cela met sérieusement à mal la réputation d’une France qui, à l’inverse de l’Allemagne, serait démographiquement dynamique et donc largement à l’abri des problèmes de vieillissement. La réalité est tout autre, elle montre une France qui prend des rides : les plus de 65 ans représentaient 13 % de la population en 1985, 16 % en 2000, 20 % en 2018, proportion qui devrait monter à 23 % en 2030.

Il faut que le niveau en mathématiques ait encore plus baissé en France que ne l’indiquent les enquêtes internationales pour expliquer, comme M.Le Pen, JL.Mélenchon ou P.Martinez, que cette transformation démographique ne pose absolument aucun problème pour le financement futur des retraites et du système de santé.

Il faut aussi que les pulsions xénophobes soient fortes chez nombre de nos concitoyens pour leur faire perdre à ce point tout bon sens financier et qu’ils soient persuadés, contre l’évidence démographique, que la France n’aura pas besoin d’immigration à l’avenir, pour faire tourner son économie et pour payer les soins d’une population vieillissante et de plus en plus coûteuse pour la collectivité (la dépense publique pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes devrait passer de 1 % du PIB actuellement à 2 % en 2060). Sur le plan strictement économique, la question de l’immigration ne consiste pas à savoir à quel niveau la réduire, mais au contraire de combien l’augmenter.

Tous ceux qui réclament aujourd’hui qu’on ferme les frontières à double tour pour se protéger des invasions migratoires, pourraient bien déplorer dans quelques années, quand ils iront dans un Ehpad pour y finir leurs jours, le manque de personnel et regretter que des aides-soignantes venues de Bulgarie, du Pakistan ou du Sénégal ne soient pas là pour s’occuper d’eux.

D’après Pierre-Antoine Delhommais, Le Point , octobre 2019.
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Le soleil d’Austerlitz, 2 décembre 1805

drapeau_1812_ 12edeLignePar les temps qui courent, il est bon de se réchauffer au soleil d’Austerlitz qui brilla à l’aurore du 2 décembre 1805, il y a 214 ans.

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Napoléon décide le 23 août de faire pivoter la Grande Armée, qui campe à Boulogne, vers le Rhin. Le 29 août, 150.000 fantassins, 40.000 cavaliers et 350 canons déferlent vers l’Allemagne avec une rapidité et une précision sidérantes : chaque unité a un itinéraire et des lieux d’étapes précis à respecter. Cette marche forcée (jusqu’à 40 km par jour) a pour but d’atteindre Vienne avant que les Russes ne rejoignent les Autrichiens. “La vitesse, c’est mon arme” disait l’empereur…

Le 26 septembre, après trois jours de repos, les 7 torrents (pour les 7 corps de la Grande Armée) traversent le Rhin en direction de la Bavière envahie. Le 21 novembre, Napoléon arrive à Austerlitz, à 100 km de Vienne.

 ◊ 

“Il dit, en galopant sur le front de bandière :
Soldats, il faut finir par un coup de tonnerre !
Il va, tachant de gris l’état-major vermeil.
L’armée est une mer ; il attend le soleil.
Il le voit se lever du haut d’un promontoire.
Et, d’un sourire, il met ce soleil dans l’Histoire !”         Edmont Rostand, L’aiglon

 ◊ ♦ 

Bulletin de la Grande Armée, proclamation de l’empereur, camp impérial d’Austerlitz, le 12 frimaire an XIV :

“Soldats ! Je suis content de vous !”

“Vous avez, à la journée d’Austerlitz, justifié tout ce que j’attendais de votre intrépidité. Vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire”

“Une armée de 100.000 hommes, commandée par les empereurs de Russie et d’Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée”

“Ce qui a échappé à votre fer s’est noyé dans les lacs. Quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canon, vingt généraux, plus de 30.000 prisonniers, sont le résultat de cette journée à jamais célèbre”

“Cette infanterie tant vantée, et en nombre supérieur, n’a pu résister à votre choc, et désormais vous n’avez plus de rivaux à redouter. Ainsi, en deux mois, cette Troisième Coalition a été vaincue et dissoute”

“La paix ne peut plus être éloignée ; mais, comme je l’ai promis à mon peuple avant de passer le Rhin, je ne ferai qu’une paix qui nous donne des garanties et assure des récompenses à nos alliés”

“Soldats, lorsque le peuple français plaça sur ma tête la couronne impériale, je me confiais à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux. Mais dans le même moment nos ennemis pensaient à la détruire et à l’avilir !”

“Et cette couronne de fer, conquise par le sang de tant de Français, ils voulaient m’obliger à la placer sur la tête de nos plus cruels ennemis ! Projets téméraires et insensés que, le jour même de l’anniversaire du couronnement de votre Empereur, vous avez anéantis et confondus !”

“Vous leur avez appris qu’il est plus facile de nous braver et de nous menacer que de nous vaincre”

“Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France. Là, vous serez l’objet de mes plus tendres sollicitudes”

“Mon peuple vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire, “J’étais à la bataille d’Austerlitz”, pour que l’on réponde : Voilà un brave

 ◊ 

Dix mois plus tard, le 27 octobre 1806, après la défaite prussienne à Iéna, les sept corps d’armée en grandes tenues, précédés par les mameluks et au son de la marche consulaire, entraient dans Berlin par la Charlottenburg, sous les acclamations d’une foule immense…

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Le cavalier aveugle et les geignards

Salim Ejnaïni n’a pas grandi à la lumière du jour. II avait 6 mois quand les médecins ont annoncé à ses parents qu’il était atteint d’un cancer de la rétine. Les opérations et les traitements n’ont pu sauver sa vue.

À 16 ans, il a été plongé dans le noir. “Des lors, tous les clignotants étaient au vert”, dit-il drôlement. Au lieu de se laisser abattre, il est monté à cheval. Franchissant un à un tous les obstacles, il est parvenu à son but : participer à des compétitions de cavaliers valides.

Seule la voix de crieurs lui indique les haies à sauter. Il raconte cette longue cavalcade dans un livre coup de fouet : “L’impossible est un bon début” (Fayard). On en recommande la lecture à tous les geignards de notre époque.

La plainte est une pose de vie célébrée. La victime est érigée en modèle. Revendiquer des droits, exiger des dommages et intérêts, réclamer réparation, tels sont les symptômes de nos temps doloristes.

Salim Ejnaïni lui, ne se plaint pas ; “Calme, en avant, droit“, selon la devise du Cadre noir de Saumur. “Mon royaume de la nuit pour un cheval ” aurait soufflé Shakespeare.

Mais où ce jeune homme va-t-il puiser cette volonté, cet humour et ce sens de la dérision à toute épreuve ? II s’est forgé une “forteresse de solitude” dans laquelle il se réfugie et puise ses forces. II lui a fallu d’abord survivre puis vaincre la peur qu’il inspirait.

“L’équitation, raconte-t-il, renforçait en moi ce sentiment de construire quelque chose, de miser sur mon avenir et de bâtir par tous mes apprentissages celui que j’allais devenir” ; Quelle cavalcade! Salim Ejnaïni a beau être privé de champ visuel, il voit haut, il voit loin.

II apprend désormais à piloter des avions. Cessons de gémir ! À cheval avec ce cavalier blessé ! Et maintenant au galop !

D’après Sébastien Le Fol, Le Point, nov. 2019
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Prendre le temps de savourer : secret du plaisir et de la minceur

II y a aujourd’hui des raisons scientifiques d’affirmer que manger trop vite fait grossir. Manger lentement, mastiquer, savourer, jouent un rôle fondamental dans la régulation de l’appétit en envoyant au corps un signal de satiété.

La satiété étant le signal que notre corps envoie lorsqu’il a reçu suffisamment de nourriture. Si l’on mange alors davantage, le corps va stocker le surplus, sous forme de graisses.

Dans notre corps, les signaux de la faim et de la satiété sont gérés par deux hormones : la ghréline (pour la faim) et la leptine (pour la satiété). Ces hormones sont envoyées dans le cerveau grâce à nos sensations visuelles, gustatives… mais aussi via la distension de notre estomac et d’autres facteurs métaboliques. C’est pour cette raison qu’il est important de manger lentement. Il faut laisser le temps à ces hormones de remonter jusqu’au système nerveux central (au niveau de l’hypothalamus) pour ressentir la satiété.

Toutes les sensations provenant du goût, des muqueuses de la langue, chaque mouvement de mastication et de déglutition sont perçus et analysés par l’hypothalamus, le centre responsable de la faim et de la satiété. Et c’est l’accumulation de ces sensations qui intervient dans le déclenchement de la satiété.

Il faut donc manger lentement en se concentrant sur ce que l’on a en bouche et sur nos sensations, comme on le fait pour un bon vin. Surtout quand ce que l’on mange est savoureux et riche, comme par exemple du foie gras.

Problèmes : Des études scientifiques récentes ont montré que le stress, le manque de sommeil et le surpoids, pouvaient dérégler ces hormones. Par ailleurs, les émotions (la colère, la peur, l’ennui, la solitude…) peuvent aussi perturber ces mécanismes hormonaux.

Au contraire, des scientifiques réunis par le GROS (groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids) ont montré que manger avec plaisir faisait maigrir. Et selon l’observatoire des habitudes alimentaires, les sensations agréables apportées par le repas compteraient presque autant que les quantités ingérées, dans le sentiment de satiété.

Selon les nutritionnistes, la raison majeure de l’épidémie d’obésité infantile aux États-Unis et au Canada, est que dans ces pays, les enfants grignotent toute la journée devant la télévision et n’ont plus aucune sensation de ce qu’ils avalent. Quand on mange des aliments caloriques devant la télévision ou en lisant, on réduit de moitié l’intensité des sensations qui parviennent à notre cerveau. Et ces enfants devenus adultes continueront de se nourrir ainsi, sans avoir aucune sensation.

Pour parvenir à manger lentement et à savourer ce que l’on mange, il faut penser à ce que l’on mange et regarder son assiette : Quel est cet aliment ? Quelle est sa texture ? Comment définirais-je sa couleur et son goût ? Que m’évoque-t-il ? D’où vient-il ?

Voici par exemple l’exercice du raisin sec ou comment manger un grain de raisin en pleine conscience : On le met dans sa main en l’observant sous toutes ses coutures, on pense à l’Italie d’où il vient, on le sent pour en saisir chaque effluve, on l’agite près de l’oreille pour en percevoir tous les bruits, on le croque en ressentant toute la palette de ses saveurs, avant de l’avaler lentement en fermant les yeux.

Pour les repas de famille, entre copains ou lors d’un déjeuner de travail, il faut s’entraîner à faire des aller-retour entre son assiette que l’on regarde et les convives. On se concentre sur son assiette et sur ce que l’on a en bouche, puis on revient à la conversation.

Ne plus manger en mode “pilote automatique”, regarder son assiette (surtout pas la télé), manger lentement, savourer et s’arrêter de manger quand le plaisir n’est plus là. Voilà le secret !

D’après Gayelord Hauser “Mes nouveaux secrets” et Adélaïde d’Aboville, diététicienne nutritionniste, St-Germain Magazine. 
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Spinoza : Une philosophie de la joie

Spinoza (1632-1677) fut vénéré comme un sage, un saint homme, modèle d’humanité, de douceur, de réflexion, d’humilité et fut en même temps pourchassé comme un diable menaçant l’ordre établi. Car cet homme retiré qui vit pauvrement et qui ne publie presque rien se révèle extraordinairement influent. Le jour de son enterrement alors qu’il est mort en possédant quelques habits, des livres et un lit, six carrosses suivent sa dépouille…

À 23 ans, il est chassé de sa communauté juive d’Amsterdam au terme d’un rituel très sévère : “Vous ne devez avoir avec Spinoza aucune relation écrite ni verbale. Qu’il ne lui soit rendu aucun service et que personne ne l’approche à moins de quatre coudées. Que personne ne demeure sous le même toit que lui et que personne ne lise aucun de ses écrits”

Pour survivre, il polit des lentilles pour des lunettes astronomiques et des télescopes en appliquant ses connaissances scientifiques. Cet artisanat lui laisse la possibilité, dans une petite pièce attenante à son atelier, de poursuivre la seule tâche qui lui importe : la construction d’une philosophie capable d’englober la totalité du monde, de l’existence et des actions humaines, en répondant comme les Grecs, à la seule question : « Comment vivre ? » ; On peut résumer l’essentiel de sa philosophie en cinq points.

1. «Dieu ou, si vous préférez, la Nature » ; Dieu se trouve synonyme de la nature, la nature équivaut à Dieu. Les deux noms renvoient à la même réalité. Il rompt aussi avec la conception habituelle selon laquelle Dieu et le monde seraient extérieurs l’un à l’autre. On peut alors comprendre que la perfection divine est présente dans la moindre des réalités.

2. Les hommes se croient libres. Ils ont le sentiment de prendre des décisions, de constituer ainsi le cours de leur propre existence. Mais ce ne sont que des constructions imaginaires engendrées par notre ignorance. En réalité, Dieu-la Nature obéit à des enchaînements de causes à conséquences qui sont tous régis par une absolue nécessité.

Et les hommes, eux aussi, sont régis par ce déterminisme. Il n’est pas en leur pouvoir de décider librement quoi que ce soit. S’ils le croient, c’est qu’ils ignorent les causes réelles qui les font agir. Autrement dit, je me crois libre à la mesure de l’ignorance où je suis de ce qui me détermine. Et mes décisions, elles aussi, découlent mécaniquement des causes qui me déterminent et qui sont extérieures à moi.

3. « Connaître vraiment, c’est connaître par les causes » affirme Spinoza. La connaissance exacte des causes inclut une voie de libération qui défait les illusions, les faux savoirs, les fausses attentes, les fausses craintes qui sont sources de tristesse et de malheur. Et cette compréhension complète de la réalité conduit à une transformation radicale du regard. Par exemple, mourir en connaissant exactement les causes du mal dont on est victime n’est pas du tout identique au fait de mourir en croyant que l’on a été puni par la volonté de Dieu ou par la malchance.

4. Ce point fit encore plus scandale : Il explique en effet que Bien et Mal ne correspondent à rien et qu’il s’agit de représentations vides. Les hommes construisent ces illusions en fonction de l’agrément ou du désagrément qu’ils trouvent aux situations qui se présentent.
Mais contre la conception, qu’il juge illusoire et mystificatrice, d’une morale fondée sur le choix libre, opéré par une volonté souveraine, entre des réalités opposées que seraient le Bien et le Mal, Spinoza instaure une éthique. Elle repose sur la connaissance de la réalité. Elle ne consiste pas à se conformer à des valeurs abstraites, mais à se comporter selon les conséquences tirées de la connaissance des causes qui agissent sur nous.

Par exemple, il ne viendrait à l’idée de personne de blâmer un nuage, de soutenir qu’il devra être réprimandé pour sa volonté mauvaise d’envoyer des grêlons sur les récoltes ! Cela n’empêche nullement qu’on se protège de l’orage aussi efficacement que possible.

5. Cinquième point : Sa philosophie établit la plénitude du désir, conçu comme affirmation et non comme manque ; “Le désir est l’essence de l’homme” disait-il.
Depuis Platon, le désir était pensé comme privation, expression de ce qui fait défaut. Spinoza affirme l’inverse : il soutient la positivité du désir, il en fait la source de nos jugements et de nos conduites. Selon lui, par exemple, un homme trouve une femme belle parce qu’il la désire. Il ne la désire pas parce qu’elle est belle, comme on le croit généralement. Une fois encore, Spinoza opère donc un renversement et à la place de l’illusion où vivent les hommes, il montre une réalité dont ils ignorent l’existence.

Il s’agit donc avant tout d’une philosophie de la joie et dans la joie, Spinoza voit un accroissement de notre puissance d’agir, une expansion de notre être qui s’oppose à la restriction de l’existence que la tristesse (qu’il appelait “une passion triste”) comporte et entraîne. Et selon Spinoza, la béatitude, cet état dans lequel vit le sage, n’est pas une extase, un abandon de la raison. C’est plutôt la plénitude ultime du savoir qui conduit à la vie bienheureuse.

D’après Roger-Pol Droit, Le Monde 2019 – “Le Miracle Spinoza” Frédéric Lenoir.
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