Arrête de ruminer !

Ruminer, c’est se focaliser de manière répétée et sans fin, sur les significations, les causes et les conséquences de notre situation, de notre anxiété, de nos problèmes, de nos tracas, de nos soucis…

Comme une poule qui couve ses œufs, car dans la rumination, on reste assis sur ses problèmes que l’on garde sous soi, bien au chaud, en les faisant croître, comme la poule le fait pour ses œufs.

Et reviennent en boucle : les mêmes fantasmes, les mêmes obsessions, les mêmes souvenirs douloureux, les mêmes pensées tristes, les mêmes frayeurs, les mêmes ressentiments, les mêmes colères rentrées…

On ne vit pas vraiment, on est là sans être là, on est ailleurs, on n’écoute pas, on est totalement inactif, on est zombifié. Mais quand on est zombifié, on ne peut plus faire la différence entre un vrai problème et un faux problème, un petit tracas et un gros souci, une difficulté et une épreuve, un passage à vide et quelque chose de plus grave.

Nos ruminations passent souvent inaperçues à nos yeux, car nous croyons alors réfléchir. Mais la rumination n’est pas une vraie réflexion, elle est stérile. Car dans la rumination, on se focalise sur le problème et ses conséquences, et pas sur les solutions à mettre en œuvre. On passe un temps fou à ressasser les causes et les conséquences (imaginées) des difficultés au lieu de chercher des remèdes. Les ruminations engendrent toujours de la souffrance, jamais de solutions.

La rumination étale dans le temps les soucis et les événements malheureux. Elle les dilate, les répand dans toute notre vie, le passé, (“c’est parce que je n’ai pas fait ce que j’aurais dû faire que tout cela est arrivé…”) et le futur (“ça ira de plus en plus mal…”), ce qui empêche l’évaluation sereine et objective que l’on devrait faire de la situation.

Quand on rumine, c’est comme si on écoutait un vieux disque rayé, qui ressasserait indéfiniment le même passage sur le même sillon, mais que l’on n’arrive plus à retirer de l’appareil, pas plus qu’on n’arrive à couper le son de ce dernier, ni à quitter la pièce.

Joue aussi dans ces sombres raisonnements, la croyance que pour résoudre un problème, il faut y réfléchir longuement et que plus on y réfléchit, plus on a de chances de trouver la solution. Ce qui n’est pas toujours vrai, surtout lorsque les problèmes sont d’ordre intérieur.

Autre difficulté : Dans la rumination entre en ligne de compte une obsession de jugement sur les choses (bien/mal), sur les gens (bon/mauvais), à chercher des responsables (moi/les autres), à percevoir les problèmes comme des fautes (mais comment peut-on faire cela ?) ; Quête souvent inutile et dangereuse.

Voilà pourquoi la rumination est presque toujours associée à un sentiment d’impuissance et même de désespoir quand elle devient obsessionnelle. Voilà aussi pourquoi la rumination est l’antichambre de la dépression. Sans compter que les ruminations incessantes usent l’organisme à petit feu et diminuent l’espérance de vie.

On tente parfois de s’en écarter en essayant de penser à autre chose, mais les états d’âme négatifs restent là, en toile de fond, comme un fond d’écran. Du coup, on ne fait rien correctement, ni l’activité en cours ni la réflexion sur le problème. La lucidité et l’efficacité serait plutôt de bien choisir sur quoi il faut réfléchir et le faire pleinement.

Le mieux pour arrêter de ruminer, c’est d’agir : bricoler, jardiner, écrire, chanter, danser, faire de la méditation, du yoga, de la sophrologie et surtout bouger, marcher, nager, pédaler, courir, respirer

Car respirer (surtout à l’extérieur) va oxygéner le cerveau, stopper les raisonnements en boucle et permettre de revenir à une réflexion saine, focalisée dans la bonne direction et qui rapprochera d’une vraie solution. Alors arrête de ruminer et cours, dans la forêt, à ton cours de yoga, de qi gong, de méditation, de chant ou de danse, n’importe où, mais cours !

D’après Christophe André “Sérénité” Odile Jacob
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1 réponse à Arrête de ruminer !

  1. luis dit :

    Très vrai ! Du vécu en somme et je me soigne grâce au sport. Merci!

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